Bilinguisme

Je veux mettre l’accent !

Un jour, dans un car de Madrid à Cadix on m’a demandé si j’étais Portugaise.
Un jour, à Bruxelles, on m’a demandé si j’étais Française car je disais « ouais ».
Une fois, dans un bar à Madrid on m’a encore demandé si j’étais Portugaise.
Une fois, à Paris on a voulu savoir si je venais du Sud.

Dans le car la fille m’a entendu parler en minorquin qui, certes, a une petite ressemblance d’intonation au portugais…
A Bruxelles les gens disent « oui » d’un « i » plus court, tandis qu’en France, notamment à Paris, on dit « oué » …
A Madrid le serveur m’a encore entendu parler en catalan, donc pour lui j’étais Portugaise…
A Paris, quelqu’un a relevé un petit accent… il ne savait pas d’où… j’ai dit « oui, du Sud, je viens bien du Sud, très au Sud »

Et puis aussi, en France on m’a dit que je ne prononçais pas bien le mot « huit », un « h » pas bien aspiré, jusqu’au jour ou une âme charitable m’a dit que non, qu’en fait je prononçais comme les Belges. Maintenant, trop fière, comme j’ai vécu au Plat Pays pendant quelques années, je dis que je prononce « huit » à la Belge !

Et de retour chez moi, plus le temps passe, plus j’entends des gens me dire « oh mais tu as un accent français quand tu parles catalan » !! « Noooon, ce n’est pas possible » je leur rouspète, « je parle presque quotidiennement avec ma famille et ils ne me le disent pas », comme s’ils détenaient la vérité absolue !

Quand je parle espagnol je ne sais pas de quoi j’ai l’air, si j’ai un petit accent ou pas. Il vaut mieux, sûrement, ne jamais le savoir !

Je me suis donc rendue à l’évidence et je lance un appel : Si vous avez besoin de quelqu’un qui se fasse passer par une Portugaise, une Belge ou une Française du Sud, je peux le faire !

accent

Apprendre des langues

Les comptines que l’on transmet à nos enfants (bi-tri-lingues)

Parfois, être mère à l’étranger signifie aussi devoir assumer que son enfant connaîtra, peut-être, plus de chansons, plus de comptines, plus de contes et plus de jeux dans la langue du pays où l’on vit. C’est une richesse, c’est sûr et c’est pour cela qu’on est contents d’être et vivre à l’heure de l’étranger. La plupart des enfants bilingues, et lors de l’acquisition du langage, commencent à prononcer les premiers mots dans la langue du pays où l’on habite, ensuite l’équilibre se trouve et vers l’âge de trois ans l’enfant est capable de parler aussi bien dans une langue que dans une autre (si vous n’avez pas perdu le fil de mes articles, vous devez savoir que j’ai toujours une petite crainte pour la troisième langue de ma fille, mais bon, je reste confiante, ça va bien se passer).

Comptines, contes, jeux… je me suis emparée de quelques CD et de quelques livres pour passer les premiers mois de ma petite princesse. Le matin, quand je la conduis chez l’assistante maternelle, je mets un des CD dans le poste de la voiture, c’est devenu un rituel et on je chante, je chante, je chante en catalan, ce sont mes chansons d’enfance, les chansons que les enfants de mon île adorée en Méditerranée chantent encore et toujours, ces chansonnettes que tout le monde sait fredonner et que, elle aussi, elle saura chanter quand on sera là-bas en vacances. Je veux que ma fille se sente aussi bien ici que là-bas. J’essaye qu’elle ne se sente dépaysée ni ici ni là-bas, pour moi, chez elle c’est dans les deux pays et je pense que c’est à moi de faire ce travail de transmission. Mon ChériGuiri me soutient à cent pour cent, bien évidemment !

Pour un enfant, pour un bébé, la transmission passe par tout ce que nous, parents, avons connu, chanté et vécu, en étant petits. Ici, donc, il n’y a que moi pour lui transmettre tout ce qui vient de mes origines. J’ai du travail !! Cela me fait rire, quand, certains jours, l’assistante maternelle dit aussi « deu » (Adéu) quand je pars, elle aussi elle a appris que c’est comme ça qu’on se dit au revoir, et en quelque sorte, elle participe à ce jeu. Les deux autres enfants gardés par cette « nounou » me regardent parfois « bizarre », j’ai toujours quelques mots (en français) pour eux, et ensuite ils voient que je me retourne vers ma fille et que je parle « quelque chose d’étrange »…Je trouve cela tellement mignon !!

Et sinon je vais continuer à chantonner tous les matins…mais je pense qu’il va être temps de commencer à changer de CD :-) !!

comptines

Apprendre des langues

Premières lectures de bébé : trois langues

Petite princesse a eu ses premiers livres à Noël. C’est normal, et je suis en plus très contente de pouvoir dire que c’est moi qui lui ai acheté sa toute première lecture. Vous savez ô combien je suis attachée à tout ce qui relève de l’écriture et j’ai déjà expliqué que pour la naissance de la petite j’avais écrit un conte pour elle. Alors, un jour du mois de décembre, bien avant les fêtes, on se baladait en famille dans un centre commercial (soit dit en passant, activité préférée des français -oui, oui, croyez-moi, quand on vient d’ailleurs on le constate très facilement!), nous sommes entrés dans un de ces grands magasins « culture » où on peut y trouver plein de choses, parmi lesquelles des livres, et je me suis approchée du rayon livres bébé avec ma poussette (oui, à part mon Manduca j’ai aussi une poussette :-)), j’en ai sélectionné trois ou quatre que j’ai mis sur les jambes de petite princesse, elle en a pris un et c’est ainsi, donc, qu’elle a choisi son premier livre.

Ensuite, les fêtes sont arrivées, premiers cadeaux et elle en a reçu encore trois autres :

– un petit livre cartonné en français
– un livre en tissu en catalan
– un joli livre bien colorié en espagnol

J’ai aussi déjà parlé de la question du bilinguisme chez un bébé mais ici c’est vraiment la question du trilinguisme qui se pose. Il y a des gens qui tout en sachant que ma langue maternelle est le catalan continuent à me dire « et tu parles espagnol à ta fille ? », parfois, quand je suis fatiguée et que je sais que de toute façon ça ne va rien changer je dis « oui » point barre. Mais parfois j’explique encore et encore que « non, c’est le catalan que je lui parle ». Parce que non, catalan et espagnol ne sont pas du tout la même chose.

Mais… je parle catalan à ma fille mais je peux très bien lui chanter, ou faire les marionnettes ou jouer avec elle en espagnol. Maintenant qu’elle grandit et maintenant qu’elle a eu ces trois livres dans trois langues différentes c’est comme si la réalité s’imposait et quelque part, je dois vous avouer que j’ai peur. Comment je vais-faire pour jongler d’une manière équilibrée dans les trois langues ? L’espagnol est pour l’instant, pour elle, la langue minoritaire, va-t-elle quand même l’apprendre ? Va-t-elle savoir faire la différence de « quand maman joue c’est de l’espagnol sinon c’est le catalan » ?

Je suis linguiste de formation, je travaille avec les langues et pourtant c’est une question qui m’inquiète un peu…

Je suis persuadée que ses premiers mots seront en français car c’est la langue qu’elle entend le plus, mais après ? Que va-t-il se passer ? Affaire à suivre…

Pour l’instant elle aime bien tourner les pages des livres et les manger :-)

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Langues

Saber diferenciar les llengües

No sé per quins set sous a la gent li costa tant d’entendre. De xerrar xinès no en sé o sigui que crec que m’explic bastant bé, potser m’hi hauria de posar a estudiar xinès ara que la Xina va guanyant terreny, però bé, açò ja són figues d’un altre paner, jo a lo meu… Com deia, em costa assumir que molta gent, a l’estranger, no arribi a fer la diferència entre català i castellà com tampoc saben fer, de vegades, la diferència entre castellà i espanyol. Però sabent que en segons quins sectors, a Espanya, la diferència entre castellà i espanyol també suscita espurnes bellugadises, és més fàcil llavors entendre, en certa manera, que a fora costi el doble trobar resposta a aquesta equació. Jo som d’aquelles persones a qui poc importa el nom si un sap el que hi ha dedins; si et diuen que menges confitura de maduixa però tu pel sabor saps que és confitura de móra, passa res ? no, segurament si tens prou fam no deixaràs de menjar-ne. I sinó que ho diguin als pobres filipins devastats pel tifó.

A part de no entendre, o només un poc, si hi ha o no diferència entre espanyol i castellà, tampoc no entenen que venint d’Espanya no xerri a la meva filla en espanyol sinó en menorquí, o català, tampoc entrarem en aquest debat que em sembla ja més vell que Matusalem i tan obvi com dir que calcetins és a Ferreries lo que calces són a Ciutadella i que les calces de Ciutadella no s’enfilen per allà mateix que les calces de Barcelona. I açò de que no ho entenguin passa per la simple raó que França, allà on visc, és un país bastant molt centralista i que les llengües dites regionals ja fa temps que les van van arraconar. Les van arraconar tant i tant que els joves d’avui en dia ja no saben de la seva existència. Ho podeu comprovar posant els peus dins un Institut i demanant quantes llengües hi ha a França. A França francès i ja està. Si després demanau quantes llengües es parlen a Espanya començaran a dubtar, n’hi haurà uns quants que pel fet de conèixer molt bé la part turística de la Costa Brava diran que català, a d’altres els sóna País Basc i diran que allà també hi ha un idioma diferent, i de Galicia gairebé ningú en sabrà res. A més, a França, van tenir la mala idea de designar totes les llengües regionals (com el bretó, el provençal, el gallo, el gascó, etc) amb un nom lleig, molt lleig: patois, que actualment és una paraula més bé pejorativa i que es podria traduir per dialecte si volem ser simpàtics, per argot si ho volem ser menys i fins i tot s’empra en el sentit de galimaties (és a dir, discurs confus i enrevessat)! Evidentment amb aquest nom de patois, l’estima que tenen cap a les seves llengües regionals gairebé del tot oblidades s’apropa al zero en una escala de un a deu.

I jo venga repetir que parlo, rall o xerr a la meva filla en català perquè és sa meva llengua materna, però que el castellà (que no és el mateix) també el xerr molt bé, que he decidit xerrar-li en menorquí (recordem, català) perquè és sa meva llengua de cor i em surt més fàcilment lo de « son, son, soneta, soneta vine aquí… » que « Arrorró mi niño, arrorró mi sol, arrorró pedazo, de mi corazón (…) » però que en canvi quan agafo els seus peluixs i faig una mica el pallasso sí que em surt « Holaaaa, qué tal estás mi niña?? » (amb veu per fer riure) perquè quan jo era petita jugava amb els meus amiguets i cosinets en castellà i que és cosa normal a Menorca.  Hi ha un únic argument que funciona i és explicar-lis que el català és tan diferent del castellà com l’italià és diferent del francès! Tot plegat els sembla estrany i rocambolesc i a jo, simplement, em sembla una meravella

Em sembla una meravella perquè davant la riquesa lingüística només ens podem treure el capell! Aplaudir i dir molt bé, així és com s’avança, perquè darrera cada llengua hi ha una cultura, darrera cada llengua hi ha una persona feta per trossos d’història i afecte d’un pare i d’una mare. I perquè riquesa lingüística no vol dir deixar d’estimar altres llengües, crec que ben al contrari. I sobretot, riquesa lingüística és antònim de galimaties, i jo de patois no en vull!

Per si de cas me’n vaig una altra vegada a explicar-lis que jo venc d’un país anomenat Espanya però que parlo a la meva filla en català i que puc jugar amb ella en castellà!

llengua de cor

Langues

Viure i escriure en llengua estrangera

Que ens agradi escriure no vol dir que sapiguem escriure. Que quedi clar. Escriure requereix d’un entrenament com aquell qui aprèn a tocar el piano, com aquell altre que pinta quadres. Uns tenen més facilitat que d’altres per escriure però sempre hi ha, i hi haurà, una part de tècnica i d’entrenament. Escriure en llengua estrangera pot semblar encara més complicat. Però si ens agrada escriure i no ens fan por els reptes, ho intentarem. I això és el que faig des de ja fa un bon punyat d’anys. Si avui escric sobre el tema és perquè moltes vegades i molta gent m’ha fet comentaris sobre si hauria d’escriure més en una llengua o en una altra. No és una elecció fàcil, no ho ha estat mai. Per això, acostumo a dir que l’elecció de la llengua en la qual escriuré tal o tal text, aquest o aquell article depèn d’on bufa el vent. Encara que jo sé, en el fons, que no és del tot cert.

Anem per parts:

Escriure en llengua estrangera és un repte lingüístic, gramatical, professional i personal, també. Sense un adonar-se’n, un dia, així com de repent, hi ha aquella petita veu interior que tothom coneix que arriba, fa toc toc i et diu “però si tu vius el 99% del dia en llengua estrangera per què no hi escrius també?”, aquesta veueta ja fa temps que em va visitar i des de llavors alterno l’escriptura tan en català com en francès com en castellà.

El més important però és saber que…

parlar i/o escriure en llengua estrangera permet dir coses que no gosam dir en llengua materna. Vosaltres ho heu experimentat? Estic segura que si en xerrau amb coneguts o amics que parlen una llengua estrangera i que han pogut fer l’experiència us diran el mateix que jo. En llengua estrangera l’ésser humà és capaç d’agafar una distància de les coses que no és la mateixa que en llengua materna. Sorprèn descubrir-se una mica diferent a causa o gràcies a la llengua, és com si el “jo” esborrés o magnifiqués alguns trets de caràcter quan és sent expressat en una altra llengua, té menys por, gosa, s’enfada més sovint i també plora més sovint. Puc dir, llavors, que els sentiments no es viuen igual en llengua estrangera que en llengua materna. Hi ha matissos, matissos lleugers però que dónen un significat diferent. El problema de tot això és que tan sols el mateix parlant se n’adona d’aquesta transformació, el receptor no ho sap ja que acostumam a parlar sempre la mateixa llengua a la mateixa persona.

Per tant, ara sabem…

per què, en realitat, l’elecció d’una llengua no depèn exclusivament del temps que fa ni d’on bufa el vent. Segurament quan volem parlar de tal o tal tema ens inclinarem més, encara que de manera inconscient, cap a una llengua o altra en funció del grau d’intimitat i de proximitat amb el missatge que volem expressar.

Finalment, quines coses que amaguen les llengües, no?

I és que, de fet, podem dir que:

escrivim el que vivim
vivim l’escriure,
i
escrivim com pensam.

Per tant…

Parlar una llengua estrangera significa viure sentiments diferents!

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