Inspiration

« La Chute », d’Albert Camus

Aujourd’hui un petit billet bilingue, on commence dans une langue et on termine dans une autre, des fois, la vie même est comme cela.

J’ai toujours aimé, beaucoup, l’écrivain Albert Camus, prix Nobel de Littérature, né en Algérie mais avec des origines minorquines, sa grand-mère venait du même endroit que moi et elle a beaucoup influencé les écrits et la vie de cet auteur qui ne laisse pas indifférent.

En lisant La Chute, j’ai souligné un petit paragraphe bien intéressant qui laisse place à la réflexion :

«  N’avez-vous jamais eu subitement besoin de sympathie, de secours, d’amitié? Oui, bien sûr. Moi, j’ai appris à me contenter de la sympathie. On la trouve plus facilement, et puis elle n’engage à rien. « Croyez à ma sympathie » (…) L’amitié, c’est moins simple. Elle est longue et dure à obtenir, mais quand on l’a, plus moyen de s’en débarrasser, il faut faire face. » ( La Chute, A. Camus)

Et moi j’ai dit :

« Después de leer atentamente el fragmento sacado de la obra de Camus, el cual me parece de una actualidad sorprendente, simplemente me gustaría que esas líneas merecieran un tiempo para la reflexión. En la sociedad en la que vivimos, donde el tiempo siempre apremia y en la que el hombre se ve perseguido por un ritmo frenético que resulta ser agotador, la amistad, a veces, se confunde con el sentimiento que Camus llama simpatía. Pero acaso no vale la pena luchar un poco, trabajar día a día la amistad, la verdadera?

Parce que je trouve que finalement les mystères de l’homme et de la vie ne changent jamais et la grande réponse reste encore à trouver.

PS. J’espère que ce billet en deux langues ne vous perturbe pas trop, le choix n’est pas facile, tel que je disais dans mon premier billet. Je voudrais tout pouvoir traduire… je voudrais savoir dans quelle langue je me sens plus à l’aise, mais je cherche encore la réponse :-)

Inspiration

La danse du parapluie

Ces derniers temps j’ai eu le plaisir d’assister à plusieurs mariages, le mois de juillet à été bien rempli de moments d’amour et de tendresse, de beaux mots prononcés à voix haute, de petites larmes qui coulent sur les joues tel de petites filles qui viennent de découvrir qu’elles sont adultes maintenant… Quand on assiste à des mariages on garde tout le temps de belles images dans nos têtes et nos cœurs. Ce sont les plus belles photos, celles qu’on fait avec nos sentiments, notre tendresse qui prend des dimensions énormes.

Il y a toujours, lors de ces célébrations, des rites qui reviennent, des coutumes locales qui se font ressentir, je pense aussi que c’est, en quelque sorte, un bref retour à l’enfance, les mariés veulent partager avec tous les gens qu’ils aiment des endroits, des souvenirs, des moments vécus en temps passé. L’espace d’une journée la fille à la robe blanche et le garçon au costume tout nouveau ouvrent les portes de son soi pour laisser sortir le bonheur et le répandre dans la belle salle habillée pour l’occasion.

Un mariage c’est un point d’arrivée et un point de départ. Ligne d’arrivée d’une course à l’organisation sans faille, l’arrivée aussi à un jour d’épanouissement après des moments de stress, de tout vouloir bien boucler. Et, évidemment, point d’arrivée aussi d’un amour qui a grandi et qui a mûri au fil des jours, une première rencontre et un premier bisou devenus dorénavant ce nouveau point de départ. Car un mariage peut aussi signifier le départ de cet amour réfléchi.

danseparapluie

Inspiration

ça sent les vacances

Le compte à rebours commence, envie de faire avancer les aiguilles de la montre, envie de vacances, bientôt, seulement quelques jours à patienter… Je vous laisse quelques mots, tout joliment prononcés par une bonne amie, des mots qui font rêver :

« Ferme les yeux, écoute la mer et ses flots qui heurtent tes pieds enfoncés dans le sable chaud et humide. Derrière toi, des enfants crient et courent, un bateau passe au large… t’es trop dans tes pensées, ta glace vient de couler sur ton nouveau bikini!!! pffff … »

Traduction

Au marché de la poésie, à Paris

Samedi dernier, le 19 juin 2010, j’ai eu l’occasion de participer au Marché de la Poésie de Paris. L’Institut Ramon Llull  m’avait confié la tâche de présenter l’acte « La poésie catalane chez Illador« , maison d’éditions pour laquelle je collabora régulièrement en tant que traductrice. Je vous livre, ci-dessous, une partie de mon intervention sur le travail de traducteur de poésie :

Traduire de la poésie, tâche pas facile…

Si on reprend dès le début, si on se situe à l’aube de la naissance des Editions Illador, je dirais qu’il faut surtout mettre en valeur le rêve d’une éditrice que j’ai eu, en quelque sorte, le plaisir de partager.

Parce que des fois on m’a demandé : Vous faites quoi dans la vie ? Mmm, petite hésitation et je me lance à répondre : Je corrige des textes, je fais le tri de documents, des mises en page et parmi d’autres choses et de temps en temps je traduis aussi des poèmes… Ah bon ! Et la réponse s’arrête la, ils ne savent plus quoi dire, et j’ajoute « curieuse occupation » c’est la phrase (et je suis gentille) qui doit traverser l’esprit de la personne qui m’a posée la question… Parce qu’un poème, cela ne se traduit pas, un poème, c’est difficile, et puis encore, un poème ! personne ne lit des poèmes…

Comment garder le rythme et l’émotion ? Prétendre le retrouver dans une autre langue, tâche bien ardue ! L’argument de l’intraduisibilité est aussi vieux que la traduction, on connaît tous le « traduttore traditore ».

Mais sans traductions, non seulement nous serions plus pauvres de tous ces textes qui nous sont inaccessibles dans leur langue d’origine, mais les langues et les cultures aussi seraient bien moins mobiles, bien moins ouvertes les unes aux autres, et par conséquent, bien moins riches. Et je n’aurais jamais pu faire partager un morceau de ma terre sans ces poèmes choisis par Illador.

Mais reconnaissons que pour savoir traduire il faut aussi savoir jongler. Choisir parmi les paramètres : renoncer à la rime, ou à tel jeu de mots, à une référence intertextuelle. Et il faut aussi bien avouer que dans ces choix il y a une part bien liée à la sensibilité du traducteur qui face au papier essaye de faire de son mieux. Il vaut mieux connaître la sensibilité du poète, ou bien maîtriser la langue ? Je laisse la question en l’air….

Que faire quand le texte source combine les registres linguistiques ou les variations régionales ? Tel est le cas dans la poésie des poètes majorquins qu’Illador a choisi de traduire… Les variations dialectales sont quasi impossibles à transposer. Souvent le texte source, qui nous semble tellement ‘authentique’, crée en fait une langue locale difficile à transposer.  Mais le savoir peut aider le traducteur qui a son tour fera intelligemment appel à quelques signes ou quelques marqueurs régionaux, sans embarquer des lecteurs dans l’un ou l’autre dialecte.

En guise de conclusion je dirais qu’en traduction, qu’elle soit littéraire ou économique, les deux conditions essentielles à remplir sont les mêmes : comprendre le texte source, maîtriser suffisamment la langue cible pour que le texte produit fasse chanter les mots sur la même musique. Ici, la musique des iles, musique d’un peuple fier de ses origines et de sa langue.

Inspiration

Mes envies de lecture

Cela fait déjà quelque temps que j’ai envie de partager avec vous la lecture de trois livres, les trois derniers de Katherine Pancol. Il y a trois ou quatre ans, un dimanche à Bruxelles, je me baladais tranquillement dans la libraire Filigranes, ma préférée de la capitale du Plat Pays, qui compte un beau piano au bel milieu de la salle, avec de petites mignardises à déguster et des savoureux thés à boire. J’y allais souvent avec une bonne amie. Enfin bref, j’étais la, à regarder à droite et à gauche, avec envie de m’acheter quelque chose (un livre, et ben oui, j’étais dans une librairie quoi !) mais sans avoir d’idée en tête. Du coup je suis tombée sur une belle couverture, en rose fuchsia et plein de coloris. Il s’agissait du roman Les yeux jaunes des crocodiles; je l’ai acheté sans réfléchir deux secondes. Et j’en ai pas été déçue.

Il faut que je vous avoue, tout de même, que je suis assez réticente à m’acheter ce que j’appelle un « livre de métro », c’est-à-dire, ces nommés Best Sellers que tout le monde lit pendant les trajets en métro. Je n’en ai pas envie et j’ai aussi l’impression que si je les lissais je serais en train de trahir quelque chose en moi. Ce sont peut-être des réminiscences de mes longues années d’études littéraires et linguistiques. Mais retournons à nos moutons. Avec Pancol j’ai eu une grande et agréable surprise. D’après certains il s’agit de la littérature populaire, peut-être ils ont raison, mais je pense que moi, personnellement, j’ai appris à apprécier cette littérature « populaire » grâce aux Yeux jaunes des crocodiles. Le roman raconte l’histoire des hommes et des femmes, de nous, de tous, de la vie de tous les jours avec des amours et des désamours. Mais je crois que ce que j’aime bien dans ces livres est surtout la musicalité des phrases, les mots aussi bien enchainés, qui te donnent envie de tourner la page et continuer la lecture. Je ne veux pas vous dévoiler la trame du roman.

Ensuite est venu La valse lente des tortues, présenté comme la suite des Crocodiles. A cette période la, la librairie Filigranes était resté un peu trop loin de moi, mais j’ai vite couru à la librairie la plus proche de mon travail pour l’acheter, je n’ai même pas pu attendre à l’arrivée de la publication en édition de poche. Bonne acquisition également. Une belle valse à mener avec les yeux, une amusante et légère lecture celle que nous offre Pancol. Et aujourd’hui je suis avec le troisième bouquet de ce beau florilège qui s’intitule cette fois-ci , Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi. Et je suis toujours attrapée par les histoires de la famille Dupin, d’Hortense et de Joséphine, de Gary et de Shirley.

Comme quoi, peut-être un jour, je vais finir par m’acheter aussi tous ces « livres de métro », j’ai du certainement rater quelque chose…