Minorque

En Espagne, de la pénitence à la plage

Alors que cette semaine que j’annonçais remplie de jolis moments s’achève, que ces jolis moments ont été bien présents, qu’il nous reste encore deux jours pour profiter de ce mode “en cours de préparation” qui nous rend tous et toutes tellement contents, alors que c’est le chassé-croisé pour beaucoup d’entre nous… et bien, nous, ici, nous commençons à rêver de notre séjour en Espagne.

Cette Espagne qui, malheureusement, a tellement changé. Cette Espagne qui sombre un peu dans la misère. Cette Espagne qui semblerait revenir en arrière à la place d’avancer en avant (oui, c’est incorrect et redondant -grammaticalement- de dire ça mais regardez comme ce pays voisin avance en arrière). Cette Espagne que j’ai du mal à reconnaitre. Ce pays que j’aime autant, ce pays qui est le mien, population qui passe une particulière Semana Santa, pénitence qui servirait-elle à quelque chose ? L’Espagne du soleil, ce soleil qui, j’en suis sûre, contribue à faire garder le sourire des gens qui ont du mal à arriver à la fin du mois. Parce que le soleil, astre roi, croyez-moi, c’est lui qui leur donne toutes les vitamines, force et énergie pour ne pas sombrer dans le plus grand des désespoirs. Sous le soleil on oublie tous les malheurs.

Quand nous arriverons, la pénitence sera loin derrière eux, plus de processions, plus de pasos (auteuls portés à dos d’homme) ni passions convertis actuellement, peut-être, en simple symbole du folklore que même Antonio Banderas vient honorer. Quand nous arriverons, los capirotes (cagoules) seront déjà rangés.

Et à la place, les plages commenceront à s’habiller en été. Premières baignades pour les autochtones qui veulent profiter des lieux encore à moitié désertiques.

L’été arrive, la crise sera plus facile à supporter.

pasqua1

pasqua

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Les clichés d’un mariage à la française

A la veille de la Saint-Valentin… un billet plein d’humour….et plein d’amour 🙂

“Un mariage à la française en Espagne ? C’est impossible. Pourquoi ? parce qu’il dure deux jours ? non; parce qu’on y boit et on y mange trop ?, ben, non, quand même pas, nous aussi on sait faire… Alors, pourquoi donc ? Déjà, pour commencer, parce qu’en France il y a deux sortes d’invités, ceux qui vont seulement au “Vin d’honneur”, qui d’habitude a lieu dans une salle qui n’est pas très loin de l’église où le couple vient de se promettre amour éternel, et où sont invités les “connaissances” et ensuite il y a la “Réception” (pour les espagnols cela correspond au banquet à proprement parler), où sont invités les plus intimes… Ce qui fait que peut-être tu te croyais intime mais en fin de compte tu n’es autre chose qu’une simple “connaissance” ! Première déception donc…! Et ça, au delà des Pyrénées est inconcevable, ça c’est un affront et ça peut même amener à des sérieuses disputes familiales, la vengeance est servie !

Mais ça peut encore être pire ! Parce que toi, invité du soir, tu étais convaincu que tu n’étais qu’une simple “connaissance” (et tu t’en réjouissais car en fait, le marié lui, tu ne le sens pas trop, au fond tu ne l’aimes pas trop) mais il s’avère, à ta grande surprise, les aléas de la vie… que pour lui, tu es quelqu’un de génial, il t’adore et te voilà invité à la Réception et obligé donc de passer deux jours à manger et à boire de manière sauvage, que tu le veuilles ou pas. Allez, ça t’apprendra ! Et cette Réception, elle est comment ? Alors là, c’est encore une autre histoire et puis ça dépend un peu du type de mariage. Il se peut que tu te retrouves dans une sorte d’installation (un peu éloignée de la ville) où il y quarante mille dortoirs et à chacun de se servir. Mais si le mariage est plus banal et ben, pile poile en face d’où a lieu la réception tu peux garer ta voiture, tranquille quoi, oui oui, petit espagnol, tel quel, je te le jure, incroyable, n’est-ce pas ? et tu manges, tu bois, tu danses, tu fais un petit somme dans ton véhicule si t’en as envie… et de nouveau tu manges, tu danses et tu bois et ainsi presque pour 48 heures. En France, en plus, les gens se prennent par les épaules et commencent à se balancer à droite et à gauche, comme si on était au fond du stade du Barça et du Real Madrid, que si, que si, encore une fois, crois-moi toi, petit espagnol, c’est bizarre tout ça non ? Et plus tard, quand tu t’y attends pas, et ben, tu commences à entendre des “hip, hip, hip…hourra, hip, hip, hip…hourra” comme pour donner le top départ à plein de concours, de jeux, plein plein de jeux, et encore des jeux, et toi, petit espagnol, tu vas te demander s’ils ne se sont pas trompés, car tu vois ça plutôt comme une soirée boy-scout (allez, il faut l’avouer !). Ils imitent aussi le Coq, ben, c’est clair quoi, le symbole nationale du pays. Le couple, eux, les nouveaux-mariés doivent traverser toute sorte d’épreuves. Je vais vous en décrire une : les mariés s’assoient (sur des chaises, quand même :-)) au milieu de la salle, dos contre dos, ils enlèvent leurs chaussures, chacun a une chaussure noire et une chaussure blanche, et la c’est une ribambelle de questions qui retentit dans la salle. Par exemple : “Qui est le plus passionnel au lit?, alors, s’ils veulent, ils lèvent en même temps la chaussure de son choix. Si la femme montre la chaussure noire cela signifie que c’est son mari le plus passionnel….C’est l’occasion en fait de vérifier la bonne entente du couple 🙂

Et comme je vois que tu n’oses pas me poser LA question, je vais la poser moi-même : est-ce qu’un espagnol s’amuse lors d’un mariage français ? ben en fait, quelle question…. à vrai dire…. je ne sais pas quoi répondre… parce que… deux jours ça fait beaucoup, un ça va, mais deux ça devient un peu lourd… Et puis, pour finir, un conseil aux petites espagnoles, conseil très important, n’oubliez surtout pas de prendre un petit sac avec une autre pair de chaussures !! et ouiiiiiii ! des baskets ou de petites ballerines, parce que vous, petites espagnoles, ça ne vous plaît pas d’enfiler de chaussures toutes plates avec la belle robe de soirée mais je vous jure qu’ils bougent beaucoup ces français durant tout le banquet, et vos pieds, finalement vont vous remercier, tant pis l’esthétique :-)En plus n’oubliez pas que votre voiture est à portée de main, donc pas de souci vous pouvez tout stocker dedans… partir en mariage c’est presque partir en excursion !! “Hip, hip, hip….hourra”

Quelles drôles d’histoires, n’est-ce pas ?”

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Je tiens à signaler que cet article a été adapté d’un billet publié par le journaliste espagnol Manuel Guisande sur son Blog il y a déjà quelque temps. Quand je l’ai lu cela m’a fait trop sourire, trop rigoler et je lui ai demandé l’autorisation pour l’adapter et le publier sur mon espace. Ici vous allez trouver la version originale. Comme l’auteur même le dit dans sa présentation tous ses articles sont dans la joie et la bonne humeur.

PS1 Les mariages français ont de très bons et beaux moments 🙂 entrez par là et vous allez découvrir ce que j’ai écrit sur la danse du parapluie, qui est un des instants le plus doux et inoubliables d’un mariage à la française !

PS2 Soit dit en passant, j’espère seulement avoir dessiné un sourire sur vos lèvres, avoir (ou presque) une double-culture est quelque part marrant, c’est toujours drôle de voir ce que “l’autre” pense de nos coutumes et habitudes, c’est un peu le jeu des 7 différences !!

Bureau87

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De génération de la démocratie à génération indignée

Finalement je ne peux pas m’en empêcher, finalement je me sens poussée à publier ce petit article…et croyez-moi cela fait longtemps qu’il trotte dans ma tête. Parce que je suis jeune, parce que mon pays je l’apprécie et parce que je ne peux pas rester indifférente aux derniers évènements. Merci à Leboableu qui avec son post d’aujourd’hui m’a fait prendre conscience que je pouvais tranquillement finir de rédiger ce texte. Il y avait quelque chose en moi qui me freinait, quelque chose j’imagine qui me faisait peur car le sujet frôle le politique et je n’aime pas parler politique sur cet espace même si dernièrement j’en ai parlé un peu.

Aujourd’hui en Espagne c’est “journée de réflexion”, la veille des élections on ne peut pas faire de campagne électoral, c’est prévu que ce soit la journée pour les dernières décisions. Et j’espère que les gens vont bien réfléchir. Moi ce n’est pas sur cela que je veux parler.

Je tiens simplement à envoyer mes plus sincères salutations à tous ces jeunes qui depuis le 15 mai campent dans les places des grandes et petites villes espagnoles en protestation contre un système qui nous a leurré pendant des longues années. Moi j’appartiens à cette “génération de la démocratie”, ainsi connue car nous sommes nés juste pour les premières élections démocratiques après la dictature. J’appartiens aussi à cette première génération qui a eu accès facilement aux études supérieures, nous, les jeunes de la démocratie nous avons été les premiers à compter sur notre CV avec le plus de masters et doctorats et bien d’autres cursus. Nous avons tout eu. Notre enfance c’est passé lors des plus beaux moments de l’Espagne, nos parents qui n’avaient pas beaucoup d’études car Franco leur en avait empêché avaient pu trouver facilement un travail. Car pendant les années 1970 le pays s’ouvrait vers le monde, le pays s’acheminait vers une belle transition démocratique. Nos parents étaient contents de quitter une période noire de l’histoire, de vivre le mouvement hippie, de connaître l’arrivé des méthodes anticonceptives, de voir, enfin, la liberté devant eux. Et nous, leurs enfants, nous avons pu profiter d’une enfance dorée, le pays recevait des aides de l’Union européenne, le pays s’embellissait, il y avait plein de projets pour nous.

Sauf que. Sauf que finalement j’appartiens aussi à la “génération perdue”, j’appartiens aussi à cette génération qui avec l’arrivée de l’euro s’est vu attribuer le nom de “les milleuristes”, difficile de passer le seuil des mille euros et plus difficile encore quand le pays vit un moment de bulle immobilière. Impossible d’accéder au logement, impossible de trouver un travail digne de ce nom et qui s’accorde avec nos études. Impossible de quitter le noyau familial, des parents qui s’endettent afin d’aider leurs enfants. Des parents désespérés quand ils voient qu’ils ont tout donné à leurs fils et à leurs filles… des enfants qui galèrent maintenant, plus que tout et plus que rien. Parce qu’enfin, ça a amené aussi à la naissance d’une plus jeune génération (ceux qui ont vers les 20 ans) et à qui on appelle, péjorativement, la “génération ni-ni”, car ni travail ni études. Des jeunes plutôt en échec scolaire et pour qui le système ne prévoit pas d’issu, rien ne leur pousse à poursuivre des études et rien est fait pour les aider à mettre un pied dans le monde du travail.

C’est pour tout cela et bien d’autres choses que je me réjouis de voir que le mois de mai 2011 va passer dans les annales de l’Histoire comme les jours où les jeunes d’un pays qui ne sait guère ce que c’est que manifester ont décidé de commencer à bouger les choses. Je suis aussi très contente que tout se passe dans la fête, la bonne humeur et la joie. Ce sont des manifestations pacifiques, pleines de solidarité, parce qu’il n’y a pas que les jeunes, les plus âgés sont aussi là, pour soutenir, pour dire “nous on peut plus y faire grande chose mais il est grand temps, les enfants, qu’on commence à montrer au pays entier que les choses ne vont pas bien”.

Je suis très contente aussi de voir que mon papa, quand je lui demande à propos des infos de mon pays me dise qu’il soutient aussi ces mouvements, ces campements. Cela prouve qu’il ne s’agit pas d’une simple crise de gamins, il s’agit d’un vrai et grand problème social, économique, politique, générationnel…et de remise en question de tout un peuple.

Indignados

 

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De génération de la démocratie à génération indignée

Finalement je ne peux pas m’en empêcher, finalement je me sens poussée à publier ce petit article…et croyez-moi cela fait longtemps qu’il trotte dans ma tête. Parce que je suis jeune, parce que mon pays je l’apprécie et parce que je ne peux pas rester indifférente aux derniers évènements. Merci à Leboableu qui avec son post d’aujourd’hui m’a fait prendre conscience que je pouvais tranquillement finir de rédiger ce texte. Il y avait quelque chose en moi qui me freinait, quelque chose j’imagine qui me faisait peur car le sujet frôle le politique et je n’aime pas parler politique sur cet espace même si dernièrement j’en ai parlé un peu.

Aujourd’hui en Espagne c’est “journée de réflexion”, la veille des élections on ne peut pas faire de campagne électoral, c’est prévu que ce soit la journée pour les dernières décisions. Et j’espère que les gens vont bien réfléchir. Moi ce n’est pas sur cela que je veux parler.

Je tiens simplement à envoyer mes plus sincères salutations à tous ces jeunes qui depuis le 15 mai campent dans les places des grandes et petites villes espagnoles en protestation contre un système qui nous a leurré pendant des longues années. Moi j’appartiens à cette “génération de la démocratie”, ainsi connue car nous sommes nés juste pour les premières élections démocratiques après la dictature. J’appartiens aussi à cette première génération qui a eu accès facilement aux études supérieures, nous, les jeunes de la démocratie nous avons été les premiers à compter sur notre CV avec le plus de masters et doctorats et bien d’autres cursus. Nous avons tout eu. Notre enfance c’est passé lors des plus beaux moments de l’Espagne, nos parents qui n’avaient pas beaucoup d’études car Franco leur en avait empêché avaient pu trouver facilement un travail. Car pendant les années 1970 le pays s’ouvrait vers le monde, le pays s’acheminait vers une belle transition démocratique. Nos parents étaient contents de quitter une période noire de l’histoire, de vivre le mouvement hippie, de connaître l’arrivé des méthodes anticonceptives, de voir, enfin, la liberté devant eux. Et nous, leurs enfants, nous avons pu profiter d’une enfance dorée, le pays recevait des aides de l’Union européenne, le pays s’embellissait, il y avait plein de projets pour nous.

Sauf que. Sauf que finalement j’appartiens aussi à la “génération perdue”, j’appartiens aussi à cette génération qui avec l’arrivée de l’euro s’est vu attribuer le nom de “les milleuristes”, difficile de passer le seuil des mille euros et plus difficile encore quand le pays vit un moment de bulle immobilière. Impossible d’accéder au logement, impossible de trouver un travail digne de ce nom et qui s’accorde avec nos études. Impossible de quitter le noyau familial, des parents qui s’endettent afin d’aider leurs enfants. Des parents désespérés quand ils voient qu’ils ont tout donné à leurs fils et à leurs filles… des enfants qui galèrent maintenant, plus que tout et plus que rien. Parce qu’enfin, ça a amené aussi à la naissance d’une plus jeune génération (ceux qui ont vers les 20 ans) et à qui on appelle, péjorativement, la “génération ni-ni”, car ni travail ni études. Des jeunes plutôt en échec scolaire et pour qui le système ne prévoit pas d’issu, rien ne leur pousse à poursuivre des études et rien est fait pour les aider à mettre un pied dans le monde du travail.

C’est pour tout cela et bien d’autres choses que je me réjouis de voir que le mois de mai 2011 va passer dans les annales de l’Histoire comme les jours où les jeunes d’un pays qui ne sait guère ce que c’est que manifester ont décidé de commencer à bouger les choses. Je suis aussi très contente que tout se passe dans la fête, la bonne humeur et la joie. Ce sont des manifestations pacifiques, pleines de solidarité, parce qu’il n’y a pas que les jeunes, les plus âgés sont aussi là, pour soutenir, pour dire “nous on peut plus y faire grande chose mais il est grand temps, les enfants, qu’on commence à montrer au pays entier que les choses ne vont pas bien”.

Je suis très contente aussi de voir que mon papa, quand je lui demande à propos des infos de mon pays me dise qu’il soutient aussi ces mouvements, ces campements. Cela prouve qu’il ne s’agit pas d’une simple crise de gamins, il s’agit d’un vrai et grand problème social, économique, politique, générationnel…et de remise en question de tout un peuple.

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