Vie à l'étranger

De mères en filles, traditions culinaires

Et puis je me suis réveillée et je me suis dit qu’il fallait bien ça aussi pour bien transmettre les traditions culinaires. Je me suis dit mais c’est juste pas possible, il faut que je m’y mette pour pouvoir lui transmettre, là-bas, loin de la Méditerranée.

Parce que je me suis rendue compte, en fait, que je parlais souvent de tout ce que je veux transmettre à ma fille en termes de langue, d’habitudes, de culture. Je parle relativement souvent de ce que moi je veux transmettre à ma fille.

Mais oui mais oui, je me suis dit… il va bien falloir, aussi, aller puiser à la source : ma mère.

Ma mère à moi pour bien devenir sa mère à elle

Transmission culinaire de mère en filleTransmission culinaire de mère en filleTransmission culinaire de mère en filleTransmission culinaire de mère en filleTransmission culinaire de mère en fille

De mères en filles

J’aime la cuisine. J’aime le salé. J’aime les popotes, les casseroles, les gros plats au four, les préparations bien mijotées, les tomates, les aubergines, les courgettes, les poivrons tous couleurs confondues, l’origan, le thym et les herbes de Provence, les cocas… J’aime la cuisine du sud.

Le sucré j’aime un peu moins. Voilà donc l’occasion parfaite pour m’entraîner, pour apprendre de ma mère et apprendre à ma fille, un jour, qui sait, là-bas. En fin d’après-midi, quand la chaleur tape encore, avant la balade du soir sur la place de la ville pour y rejoindre les autres enfants.

Au menu banyetes de chocolat. PrincesseThelma et moi on les appelle « beignets au chocolat » quand on veut expliquer ce que c’est en français, par rapprochement homonymique mais en vérité ce sont une sorte de petits pains viennois en forme de croissant. Banyetes signifie petits cornes.

Et les savourer et se laisser les moustaches de chocolat et entendre des iaia, je veux una banyeta. Et sourire très fort. Et me dire que oui, moi aussi, je vais lui en faire un jour. A l’étranger, peut-être.

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Vie à l'étranger

Thelma, 2 ans d’une maman à l’étranger

Maman à l'étrangerDeux ans cela fait que nous sommes partis à la maternité pour un déclenchement. Deux ans cela fait, ma chérie, que nous t’attendions depuis des mois, depuis des jours et des jours. Deux ans, dans quelques heures, que je suis devenue maman. Maman à l’étranger, qui plus est. Deux ans et neuf mois d’une grossesse difficile, de longs moments de solitude et d’angoisse, un peu perdue dans cette campagne française, de médecins, de douleurs et de nausées, d’un ventre qui ne grossissait pas beaucoup. De sages-femmes splendides. Un temps d’isolement, de distance avec la famille, de ne pas pouvoir voyager. Deux ans et une poignée de mois que j’ai detesté.

Mais ensemble, Thelma, nous sommes devenues très fortes, je te chuchotais dans le bain, je te parlais dans cette langue secrète qu’est le catalan à l’accent minorquin, entre nous, avec l’odeur de ce gel moussant si spécial. Je te disais, tout bas pour ne pas te perturber, en te caressant, que nous allions former une belle équipe, que fichtre les médecins, marre d’eux, que toi et moi étions fortes et que papa était là, toujours là pour nous soutenir et essuyer des larmes, pour faire des bisous sur le ventre. Parce que lui, Thelma, ton papa chéri, a tout fait pour que je tienne debout, pour que mes journées à rallonge soient douces et sereines. Nous nous parlions, nous nous aimions, nous te caressions, ensemble.

Deux ans et neuf mois que j’avais envie de fraises, mais pas de Plougastel, des fraises d’Espagne et du bon bouillon de ta “iaia”, et des boulettes et d’une bonne paella. Mais il n’y avait personne ici pour nous le faire et moi je ne pouvais pas le faire. Alors voilà ma chérie, la vie à l’étranger c’est aussi cela, grandir en rêvant des souvenirs d’enfance, en les effleurant mais sans pouvoir les tenir, apprendre à gérer les émotions et à les mettre de côté. Mais ta maman ne s’est jamais laissée aller, je me maquillais pour moi, pour toi et pour papa. Je tournais en rond sur mon canapé, je songeais de ta petite frimousse. Je te chantais, j’avais que ça à faire. Je faisais de petits achats pour toi sur Internet, le facteur nous ramenait de jolis cadeaux.

Et tu es là aujourd’hui, comme une jolie tulipe éclose dans une prairie printanière, avec tes sourires et ton regard. Coquine, câline et maline. Deux ans que tu m’apprends à être maman. Deux ans que tu m’apprends les nounous à la française, les carnets de santé à la française et les carnavals hors saison, deux ans que tu chevauches entre les “mamôn” et “mamà”, deux ans que papa et maman s’aiment plus fort encore parce que tu es chouette et gentille. Deux ans que je redécouvre ton mon pays, deux ans que tu m’apprends une autre France. Deux ans que l’Espagne me manque autrement.

Parce que toi, Thelma, on t’a voulu comme ça, facilement prononçable dans les trois langues, sans barrières ni accents ni cédilles.

Aujourd’hui, ma chérie, je ne suis pas originale, je suis une maman de plus, comme toutes celles du monde entier, qui a eu juste envie de te dire : joyeux anniversaire, feliz cumpleaños, per molts d’anys !

Deux ans de ce 14 mai 2013 -04h50.

Je t’aime, te quiero, t’estim !

Margarida

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