Enfants

Quand la langue étrangère prend le dessus ~ Cuando la lengua extranjera se impone

Nous sommes arrivées et on m’a demandé si je comprennais ce que ma fille disait, en sachant que, hormis quelques mots, elle émet des sons incompréhensibles… je réponds en disant que pour l’instant ce qu’elle parle ressemble plus à du chinois qu’à autre chose.

Actuellement tout tourne autour de la communication et langage de Petite Princesse. Et elle est très « bavarde », ça je peux vous l’assurer!

Mais il y a des gens qui n’oublient pas la maman et constatent que « j’ai un accent français » ! cela fait bizare d’entendre dire ça… je ne sais même pas si c’est vrai. Rappellez-vous que j’avais déja eu l’occasion de vous parler des mes différents accents.

Par contre, une chose est sûre : j’ai remarqué que parfois la langue étrangère prend le dessus. Oui, parfois, lorsque je m’exprime dans ma langue maternelle, mon cerveau envoie des informations pour que ce soit des « déjà », des « ben oui », des « oui », des « pas vrai »… qui ressortent de ma bouche pour y rentrer aussitôt. C’est un mécanisme bien drôle. Parfois les gens ne se rendent même pas compte de cette interférence linguistique puisque c’est un processus qui va vite, très vite. Ma bouche émet ce son « ben oui » (par exemple), mon cerveau doit se rendre compte de l’erreur et comme si d’une machine s’agissait, le « ben oui » rentre aussitôt dans la bouche pour en ressortir l’expression équivalente dans ma langue maternelle.

Et vous, multilingues du monde entier, vous aussi vous avez droit à ces interférences linguistiques ?

poupéeCette jolie poupée un peu vintage parle très bien toutes les langues! ~
¡Esta muñequita al estilo un poco vintage habla muy bien cualquier idioma!

Desde que hemos llegado me han preguntado varias veces si comprendía lo que mi hija decía. Partiendo de la base que por ahora, y excepto algunas palabras, lo que dice es incomprensible… siempre respondo que de momento lo que habla se parece más al chino que a otra cosa.

Actualmente, pues, todo gira entorno a la comunicación (¡y madre mía como es comunicativa!) y al lenguaje de la princesita.

Pero hay gente que se fija también en la mamá y constata que « tengo un acento francés »! Me suena raro cuando escucho alguien decir eso, ni siquiera sé si es verdad. Aunque hace algún tiempo ya escribí un artículo sobre mis diferentes acentos.

Eso sí, hay algo seguro: me he podido dar cuenta que a veces la lengua extranjera se impone a mi lengua materna. Mi cerebro manda informaciones para que sean palabras como « déjà », « ben oui », « oui », « pas vrai »… las que salgan de mi boca para volver a meterse en ella muy rápidamente. Es un mecanismo extraño y divertido a la vez. A veces la gente no se da ni cuenta de esta interferencia lingüística porque es un proceso que ocurre de manera muy rápida. Mi boca emite ese sonido « ben oui » (por ejemplo), mi cerebro se da cuenta del error cometido y como si de un robot se tratara, el « ben oui » entra de nuevo en la boca para que pueda salir justo después la expresión equivalente en mi lengua materna.

¿Y a vosotros, multilingues del mundo entero, también os ocurren esas interferencias lingüísticas?

Traduction

Des maux sans traduction

Reflexiones de una traductora

Parfois, certains mots deviennent des maux quand on n’arrive pas à les traduire.

Souvent, ces mots devenus des maux restent pour longtemps sur la pointe de la langue.

Toujours, ces mots devenus des maux logés sur le bout de la langue, terminent par trouver une issue… et non pas une traduction !

Traduire des mots ça peut être facile, par contre, traduire des idées concrètes et des notions exactes s’avère plus compliqué. Même les langues les plus proches ont des notions mentales distinctes. C’est le rapport entre la langue et la pensée.

Parfois je n’ai plus les mots, parfois mon cerveau est entre trois systèmes de signes différents, les signifiés s’emmêlent avec les signifiants et il n’y a plus rien qui marche.

Parfois, je voudrais inventer mon propre langage.

Souvent, j’utilise mon propre langage en dépit des autres.

Toujours, j’arrive à parler, à lire, à écrire

Vivre dans une autre langue jusqu’au point de ne plus savoir laquelle est « l’autre », la première ? la deuxième ? la troisième ?

Traduire comme métier c’est un apprentissage, ce n’est pas parce que je connais et je parle une langue que je sais traduire… bien traduire.

Traduire comme vie n’est pas une vie. Il faut vivre sans traduire, on pense dans la langue, on parle dans la langue, on ne traduit pas la langue qu’on parle. Et si on se trompe, tant pis.

Je ne traduis pas ma vie puisque je vis ma vie !

Langues

Se disputer en langue étrangère

Je ne sais pas vous, mais moi je n’aime pas du tout me disputer. Je me sens mal à l’aise, je bégaye, je perds mes arguments, l’insomnie me prend, je transpire, j’ai envie de pleurer, bref, je perds tous mes moyens. C’est comme ça.

J’ai cette capacité idiote à ne retrouver les bons arguments, ceux qui peuvent servir à m’auto-défendre, que quand la tempête est bien loin derrière moi. J’évite toute sorte de désaccord et d’altercation, c’est un besoin vital pour moi, sinon ma vie risque de devenir courte, bien trop courte.

Et ce, dans n’importe quel domaine. Que ce soit dans un milieu professionnel ou entre amis, avec les voisins ou avec le garagiste. Il y a seulement un endroit où il est bien difficile, qu’on le veuille ou pas, d’échapper aux mésententes et désaccords : la CASA ! Home sweet Home, comme on dit.

Ne paniquez pas. Je ne suis pas en train de vous dire que chez moi ça marche à coups de bâton et qu’on passe nos journées à s’engueuler. Bien loin de là. Si vous avez suivi vous savez que je ne supporte pas les disputes 🙂

Mais bon. Ce serait aussi mentir de dire que nous sommes d’accord sur tout. Quel ennui si tel était le cas !

Alors, comment se déroulent les disputes entre la Marguerite et son ChériGuiri ? Ben chez nous c’est drôle, oui, finalement, quand j’y pense bien nos disputes sont drôles. Mais pourquoi donc ? Je vous explique :

Avez-vous déjà fait l’expérience de vous disputer en langue étrangère ? C’est-à-dire que chez nous, on trouve une cause à toutes nos disputes et on en revient toujours au même facteur : c’est la faute à l’intonation !! Oui mes chers lecteurs, l’intonation est coupable de tout ! Ce n’est même pas question de mots ou d’arguments, ce n’est même pas question de points de vue, c’est une histoire de cadence des phrases ! Horrible. Oui, c’est horrible car à ces moments-là je me sens impuissante et le seul argument qui serve à que je prenne le dessous dans la dispute est de lâcher un bon « tu n’as qu’à apprendre ma langue ». Dispute close. (Ensuite il vient et il me prend la langue, lol, la blague était trop facile !)

Parce que moi, à différence d’autres personnes qui vivent, pensent et écrivent en langue étrangère je n’ai pas l’habitude, mais pas du tout, de sortir tous les gros mots qui existent dans ma langue maternelle. C’est plutôt le contraire : moi quand je me fâche je tends à injurier en langue étrangère pour être bien sûre que mon interlocuteur va me comprendre ! Et puis, en plus, je me sens plus détachée de ce que je suis en train de dire.

Et vous, comment vivez-vous les disputes en langue étrangère ? Merci de partager, toute astuce est bonne à prendre !

se disputer en langue étrangère