Apprendre des langues

L’apprentissage des langues étrangères

Apprendre une langue étrangère dans un milieu scolaire n’est pas facile. En cours les élèves sont nombreux, l’ambiance n’est pas toujours favorable et le cadre de travail est loin d’être le meilleur. Mais les professeurs peuvent tout de même faire passer un intérêt pour cette langue étudiée.

Langue vivante veut dire langue qui s’utilise, langue de tous les jours d’un bon nombre de personnes, qu’elle soit éloignée ou non de notre hexagone ne devrait pas freiner à cet apprentissage. Il peut y avoir beaucoup de motifs différents pour lesquels un élève en cinquième choisit sa LV2, parfois par défaut, souvent ce n’est pas un choix réfléchi et pourtant cette LV2 a une importance énorme pour l’avenir personnel et professionnel des élèves. C’est pour cela que les parents devraient prendre le temps de bien discuter avec leurs enfants avant de cocher la case allemand, italien, espagnol, japonais ou autre.

Selon le Ministère de l’éducation “chaque élève doit être capable de communiquer dans au moins deux langues vivantes à la fin de l’enseignement secondaire. Pour atteindre cet objectif, l’enseignement des langues a profondément changé et s’inscrit dans une perspective européenne commune forte. Les élèves acquièrent des notions dès le CP. et les initiatives pour la pratique de l’oral au collège et au lycée sont multipliées.” Je pense que ce Ministère de l’éducation surestime les capacités de son propre système d’enseignement. Soit.

Une langue étrangère s’apprend en la pratiquant, et quand on a 30 élèves par classe cette pratique relève du milieu paranormal. C’est impossible de produire des activités vraiment intéressantes avec des groupes aussi nombreux, surtout avec des élèves qui savent vite décrocher,  notamment quand ils entendent le ronflement d’une langue qu’ils comprennent à peine…

C’est pour cela qu’il faut surtout faire passer le message que le plus important est d’arriver à communiquer, finie l’époque où les erreurs grammaticales faisaient peur aux élèves et les bloquaient, finie l’époque du “j’ai honte donc je me tais”, il faut dire à tous ces gens qui apprennent une langue que le plus important est la débrouillardise… le reste vient tout seul !

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Langues

La France, les Français et les langues

En France on n’a qu’une langue et c’est le français. En France les gens apprennent des langues étrangères, comme partout dans le monde, d’ailleurs… Mais ici en France on ne sait pas trop ce que cela veut dire un pays qui compte avec plusieurs langues.

Lors de plusieurs interventions en salle de cours collège et lycée, ça m’est arrivé d’aborder le sujet du plurilinguisme et de la cohabitation de plusieurs langues dans un même état ou état-nation. C’était avec des élèves qui ont presque tous voyagé et qui apprennent une langue vivante 2 voire une LV3.  J’ai été de surprise en surprise. Tout d’abord, certains d’entre eux ne savaient même pas de l’existence de pays qui ont plusieurs langues officielles. Cela m’a déjà un peu épaté car quand on voyage on se renseigne sur notre destination, bref. Et ma plus grande surprise je l’ai eue après avoir effectué un petit sondage à main levée. J’ai demandé s’ils aimeraient (j’ai parlé d’un fait hypothétique) que la France compte aussi avec plusieurs langues, pas des langues parlés par quatre personnes dans leur petit terroir mais vraiment des langues qui sont parlées couramment et normalement. Si une classe compte environ trente élèves (et oui, faut rêver pour avoir des classes plus petites !) seulement trois personnes ont répondu affirmativement dans une classe et une seule dans l’autre classe. Muette, je suis restée muette. Cela a été un grand moment de solitude, il faut avouer.

D’accord, en France il y a le breton, le corse, le basque, etc. Mais j’ai déjà dit que je parlais de l’hypothèse d’avoir un état avec des langues co-officielles, tel est le cas de l’Espagne et les Pays Bas ou alors l’hypothèse d’avoir un état  avec plusieurs langues officielles comme le Canada, la Belgique ou la Suisse. Quand j’ai demandé de raisonner et argumenter les réponses, la plupart m’a répondu que “ça doit poser problème pour aller d’un endroit à un autre et pour s’entendre avec les autres gens du pays”, et moi, toute convaincue je leur ai dit que je ne croyais pas que cela pose problème. Parce que je le crois et je le sais. L’existence de plusieurs langues dans un pays ne cause pas de problèmes entre la population ni entre les citoyens, malheureusement il y a les politiciens qui viennent gâcher tout cela. Et c’est l’image qu’il en reste. Hélas, hélas, hélas, hélas…

Je pars toujours du principe qu’une langue est égal à une culture et même à une manière d’être. Parce que parfois on n’exprime pas pareil les choses en fonction de notre langue maternelle. On doit voir un pays plurilingue comme une richesse et non pas comme une entrave.

C’est vrai, chaque pays a une histoire, on y peut rien. Et puis, c’est un sujet large, j’aurais besoin de plusieurs jours pour bien le traiter. Il faudrait définir langue, langue minoritaire, régionale, bilinguisme, politique linguistique, dialecte, etc.

Mais je voulais aujourd’hui partager avec vous tous cette petite anecdote qui m’a laissé sans parole, sans langue ! Et qui me fait encore aujourd’hui bien réfléchir…

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Apprendre des langues

Journée de la langue maternelle

Oui, c’est vrai, je vous l’accorde, actuellement tous les jours c’est la journée mondiale ou internationale de quelque chose, ce qui enlève un peu d’importance à l’affaire mais bon, quand même, j’ai envie de vous en parler.

Hier, le 21 février était donc la Journée internationale de la langue maternelle. L’histoire commence en 1952 quand cinq étudiants de Daca (capitale du Bangladesh) ont donné leur vie pour que le Bangla soit nommé langue officielle dans le Pakistan oriental (devenu après le Bangladesh). Ce n’est qu’en 1999 que l’Unesco décide de déclarer le 21 février Journée Internationale de la Langue Maternelle tout en rendant hommage aux cinq jeunes étudiants et depuis l’an 2000 l’Organisme international met en place tout un programme afin de manifester leur soutien aux langues maternelles et aux langues en danger.

Beaucoup d’entre vous ne le saviez pas, j’en suis sûre. On en parle très peu de cette Journée Internationale. Mais il faut savoir que toute langue est une culture et qu’une culture ne peut se construire dans la paix que par le respect de chacune de nos langues maternelles. C’est seulement comme ça qu’on pourra s’exprimer librement. Point. Une langue maternelle est celle qu’un enfant apprend en premier, dans certains cas on peut parler de bilinguisme. Mais une chose est sûre, il y a certaines choses qu’on sait seulement exprimer dans notre langue maternelle. Lorsqu’on maîtrise plusieurs langues, c’est toujours la langue maternelle ou natale qui va primer sur les autres surtout pour ce qui est du côté émotif. Un exemple assez clair c’est quand on doit s’adresser à un nouveau-né, c’est toujours la langue maternelle qui sort en premier, il s’agit presque d’un instinct. Bien évidemment qu’on sait lui parler dans les langues apprises à posteriori mais les liens d’affection on les a connus dans notre langue maternelle et donc on a tendance à les transmettre aussi dans cette langue.

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Dans le monde il y a entre 6000 et 7000 langues et c’est précisemment cette Journée Internationale de la Langue Maternelle qui favorise la promotion de la diversité linguistique et du multilinguisme.

En 2011 le thème choisi est celui des technologies de l’information et de la communication pour la sauvegarde et la promotion des langues et de la diversité linguistique. Nous ne pouvons pas fermer les yeux  à la réalité et aux avancés techniques et technologiques de notre monde. Les nouvelles technologies (NTIC) offrent donc de  nombreux moyens d’apprendre les langues, de les étudier et de suivre leur évolution. Il faudrait utiliser correctement cette force du progrès pour protéger les visions du monde dans leur diversité et promouvoir toutes les sources de savoir et formes d’expression.

L’Histoire de l’humanité a été ainsi construite. L’histoire n’est pas finie, elle s’écrit tous les jours…contribuons donc à que les langues soient en quelque sorte protégées et veillons à que plus personne donne leur vie pour sauver une langue.

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Traduire, un film de Nurith Aviv

Dans le monde de la traduction on parle cette semaine de la sortie en salle du film “Traduire”, un documentaire auquel il est difficile de lui mettre un étiquette, on pourrait peut-être dire qu’il s’agit d’une histoire poético-politico-littéraire racontée par des traducteurs eux-mêmes. La scénariste, Nurith Aviv, continue ainsi avec sa trilogie qu’elle avait commencé avec “D’une langue à l’autre” et “Langue sacrée, langue parlée.” Le fil conducteur de ces trois films est l’hébreu. Les traducteurs parlent donc de leur expérience de passeurs de la littérature hébraïque écrite à travers les siècles et ils le font avec beaucoup de passion.

C’est un tour du monde des traducteurs de l’hébreu, on y trouve les noms suivants :

– Sandrick Le Maguer, traducteur en français
– Angel Sáenz-Badillos, traducteur en espagnol
– Yitshok Niborski, traducteur en yiddish
– Anna Linda Callow, traductrice en italien
– Sivan Beskin, traductrice en russe
– Manuel Forcano, traducteur en catalan
– Chana Bloch, traductrice en anglais
– Anne Birkenhauer, traductrice en allemand
– Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice en français
– Ala Hlehel,  traducteur en arab

C’est magnifique de voir que ce formidable métier est traitée dans un film-documentaire. Le passage d’une culture à une autre est plus vif que jamais dans ces images. On se rend compte que autrui existe car c’est à travers la découverte d’une autre langue qu’on réalise l’existence même de l’homme, des hommes. Parfois traduire demande de se positionner en tant que guerrier face à sa propre langue maternelle, ce n’est pas facile de tout faire “passer”, ainsi donc où en est de tous ces traducteurs automatiques ? (ehem, je vais bientôt vous livrer un billet sur ce sujet..)

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Je vous laisse avec ces quelques lignes, synopse du film-documentaire que vous pouvez trouver sur ce site

“C’est une littérature dans laquelle coexistent souvent différentes strates. Dans l’hébreu moderne, l’entrelacement de toutes ces couches donne souvent lieu à des effets d’humour et d’ironie, mais ne facilite pas la tâche du traducteur.
Anna Linda, traductrice en italien du S.Y Agnon (prix Nobel de littérature) parle même de la « cruauté » de l’auteur qui n’indique pas les sources de ses nombreuses citations. L’hébreu d’Agnon l’a amenée à ce qu’elle appelle l’« agnon-isation » de la langue italienne. Ala Hlehel, traducteur en arabe d’une pièce de théâtre d’Hanoch Levin, dit: « Je devais renoncer aux lois de ma langue… ». Pour Chana Bloch, traductrice en anglais de la poétesse Dahlia Ravikovitch, il s’agit  de « forcer les limites de ce qui est confortable, voire tolérable, en anglais ».
C’est un film avec thème et variation où à partir d’une même langue, des interprétations en voix et en langues différentes se font entendre.

Pour Edouard Glissant, “chaque traduction aujourd’hui accompagne le réseau de toutes les traductions possibles, de toute langue en toute langue”.”

Hélas, ce film-documentaire passe dans très très peu de langues (par “très peu” comprendre qu’une salle à Paris et une salle à Bruxelles) mais la réalisatrice a déjà annoncé que dans deux mois un coffret avec la trilogie sera en vente… nous n’avons plus qu’à attendre ! 

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Auteur, traducteur, correcteur

Traduction et correction. Quand on traduit on doit toujours laisser la place au correcteur, à celui qui vient derrière nous tel un ange gardien de la langue. Souvent les traducteurs nous faisons preuve d’invention, on explore des nouveaux territoires, on donne des néologismes, on invente des nouvelles acceptions à des vieux vocables… et c’est bien pour cela que nous avons besoin du travail du correcteur. Celui-ci va veiller à la pureté de la langue et fréquemment il reste bouche-bée face aux inventions du premier.

Tant le travail du traducteur comme le travail du correcteur sont des métiers, en quelque sorte, méconnus et peut-être même infra-valorisés. Et pourtant aussi importants ! Que ferions-nous sans cette transposition d’une langue vers une autre ? Combien de choses, de gens, de faits laisserions-nous de côté par incompréhension linguistique ? Notre ignorance ne ferait qu’accroître…

Je voudrais donc, aujourd’hui, traiter des liens que tout traducteur et correcteur devraint entretenir (et je parle au conditionnel car cela reste une hypothèse, malheureusement ce n’est pas toujours le cas). Il faut d’abord souligner qu’il s’agit d’un travail dur, en solitude, qui frôle presque la névrose puisque, avouons-le, il faut être suffisamment maniaque pour passer sa vie à chercher ce que les autres n’ont pas vu. La deuxième qualité est la patience, mot roi de cette profession. Il ne faut pas seulement être patient en ce qui concerne le travail même mais aussi pour toutes les activités collatérales, c’est-à-dire, quand les gens vous demandent, profession, et qu’on répond, Correcteur, quoi correcteur ? Ah, parce que les livres se corrigent, c’est cela.

Même si dans ce monde des éditions, et vu le contexte de crise, le correcteur sera le premier poste supprimé en cas de manque de sous, il faut savoir que de lui dépend le dernier avis avant passage à impression, il détient donc un superpouvoir, celui de la décision finale. C’est pour cela que traducteur et correcteur doivent communiquer constamment.

De tous est connu le caractère isolé des métiers de traducteur ou correcteur, d’autant plus important donc, le dialogue qui doit être instauré entre, d’une part, auteur-traducteur et d’autre part, traducteur-correcteur. Les uns sans les autres cela peut donner des vraies catastrophes.

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