Apprendre des langues

Premières lectures de bébé : trois langues

Petite princesse a eu ses premiers livres à Noël. C’est normal, et je suis en plus très contente de pouvoir dire que c’est moi qui lui ai acheté sa toute première lecture. Vous savez ô combien je suis attachée à tout ce qui relève de l’écriture et j’ai déjà expliqué que pour la naissance de la petite j’avais écrit un conte pour elle. Alors, un jour du mois de décembre, bien avant les fêtes, on se baladait en famille dans un centre commercial (soit dit en passant, activité préférée des français -oui, oui, croyez-moi, quand on vient d’ailleurs on le constate très facilement!), nous sommes entrés dans un de ces grands magasins “culture” où on peut y trouver plein de choses, parmi lesquelles des livres, et je me suis approchée du rayon livres bébé avec ma poussette (oui, à part mon Manduca j’ai aussi une poussette :-)), j’en ai sélectionné trois ou quatre que j’ai mis sur les jambes de petite princesse, elle en a pris un et c’est ainsi, donc, qu’elle a choisi son premier livre.

Ensuite, les fêtes sont arrivées, premiers cadeaux et elle en a reçu encore trois autres :

– un petit livre cartonné en français
– un livre en tissu en catalan
– un joli livre bien colorié en espagnol

J’ai aussi déjà parlé de la question du bilinguisme chez un bébé mais ici c’est vraiment la question du trilinguisme qui se pose. Il y a des gens qui tout en sachant que ma langue maternelle est le catalan continuent à me dire “et tu parles espagnol à ta fille ?”, parfois, quand je suis fatiguée et que je sais que de toute façon ça ne va rien changer je dis “oui” point barre. Mais parfois j’explique encore et encore que “non, c’est le catalan que je lui parle”. Parce que non, catalan et espagnol ne sont pas du tout la même chose.

Mais… je parle catalan à ma fille mais je peux très bien lui chanter, ou faire les marionnettes ou jouer avec elle en espagnol. Maintenant qu’elle grandit et maintenant qu’elle a eu ces trois livres dans trois langues différentes c’est comme si la réalité s’imposait et quelque part, je dois vous avouer que j’ai peur. Comment je vais-faire pour jongler d’une manière équilibrée dans les trois langues ? L’espagnol est pour l’instant, pour elle, la langue minoritaire, va-t-elle quand même l’apprendre ? Va-t-elle savoir faire la différence de “quand maman joue c’est de l’espagnol sinon c’est le catalan” ?

Je suis linguiste de formation, je travaille avec les langues et pourtant c’est une question qui m’inquiète un peu…

Je suis persuadée que ses premiers mots seront en français car c’est la langue qu’elle entend le plus, mais après ? Que va-t-il se passer ? Affaire à suivre…

Pour l’instant elle aime bien tourner les pages des livres et les manger 🙂

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Bilinguisme

Un entorn bilingüe pels nadons

Ja fa uns anys, quan una bona amiga va tenir el seu primer fill, ella i jo vam tenir una conversa força interessant sobre el bilingüisme dels nadons i l‘aprenentatge de les llengües des de ben petits. La meva amiga és de nacionalitat polonesa i el seu marit és espanyol, viuen a Madrid, per situar-vos. Amb tota lògica i com és natural davant d’un esdeveniment com aquest, el de tenir un primer fill, vull dir, la meva amiga tenia molts dubtes quant a la manera en què aquest nen aprendria les llengües, en fi, en quin context lingüistic viuria el seu nadó. Una cosa la tenia clara, ella li parlaria polonés i ell espanyol, però, hi havia uns límits a establir? Li havia de parlar sempre en aquesta llengua, qualssevol que fossin les circumstàncies? Perquè és clar, segons com es miri, el fet de parlar en la teva llengua materna al teu fill davant la familia política o amics, per exemple, pot ser entès com una falta de respecte o mala educació, tenint en compte que aquesta gent no entén res de la llengua de la mare.

Una altra dona, anglesa i casada també amb un espanyol, mare de tres jovenetes ben eixerides, em comentava que l’anglès el vivien com una LLENGUA SECRETA entre elles, i fins i tot em confessava no haver-lis parlat sempre en anglès. Justament ella era d’aquelles que pensa que parlar davant la gent als teus fills en una llengua que només ells entenen és de mala educació. A la vegada que deia que per altres families és tot al contrari, mai canvien de llengua sigui quina sigui la situació en què es troben.

La meva amiga polonesa no va voler endinsar-se en la lectura dels tants i tants llibres que existeixen sobre el tema per por d’ofegar-se enmig de tanta informació. Va preferir fer les coses de manera natural.

Fa un temps el tema del bilingüisme dels infants d’edat tendre estava vist com un problema. Experts afirmaven que l‘aprenentage matiner de diferents llengües podia comportar problemes de dislèxia. I actualment sembla ser al revés : els nens que des de ben petits desenvolupen l’aprenentatge d’una segona llengua estan més predisposats a l’adquisició d’una tercera i fins i tot quarta llengua. Ja és sap, això és com la sal, per segons quins metges és bona i per d’altres no…

A mi, però, hi ha un aspecte que si m’intriga més : l’aprenentatge d’una llengua va de la mà d’una dimensió afectiva. Si el nadó es sent més proper d’un dels dos progenitors potser desenvoluparà més aptituds i  més gust cap a una llengua que cap a una altra?  Personalment no crec que sigui completament cert ja que, normalment, aquestes families bilingües viuen en un dels dos països de les llengües, és a dir que una de les llengües no es parlada en l’àmbit social i queda relegada a l’àmbit familiar. O sigui que els factors a tenir en compte són més i no tan senzills com pot semblar.

Al cap i a la fi, el més important per una familia on el nen creix en un entorn bilingüe, i sobretot quan un dels progenitors no parla la llengua de l’altre, és justament que els pares es posin d’acord, que s’estableixin unes certes normes entre ells sense implicar-hi el nen per no caure en malentesos ni discòrdies. Així és segur que el nadó creixerà en un entorn bilingüe de manera natural i relaxada afavorint-li l’interès per les llengües.

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Langues

La France, les Français et les langues

En France on n’a qu’une langue et c’est le français. En France les gens apprennent des langues étrangères, comme partout dans le monde, d’ailleurs… Mais ici en France on ne sait pas trop ce que cela veut dire un pays qui compte avec plusieurs langues.

Lors de plusieurs interventions en salle de cours collège et lycée, ça m’est arrivé d’aborder le sujet du plurilinguisme et de la cohabitation de plusieurs langues dans un même état ou état-nation. C’était avec des élèves qui ont presque tous voyagé et qui apprennent une langue vivante 2 voire une LV3.  J’ai été de surprise en surprise. Tout d’abord, certains d’entre eux ne savaient même pas de l’existence de pays qui ont plusieurs langues officielles. Cela m’a déjà un peu épaté car quand on voyage on se renseigne sur notre destination, bref. Et ma plus grande surprise je l’ai eue après avoir effectué un petit sondage à main levée. J’ai demandé s’ils aimeraient (j’ai parlé d’un fait hypothétique) que la France compte aussi avec plusieurs langues, pas des langues parlés par quatre personnes dans leur petit terroir mais vraiment des langues qui sont parlées couramment et normalement. Si une classe compte environ trente élèves (et oui, faut rêver pour avoir des classes plus petites !) seulement trois personnes ont répondu affirmativement dans une classe et une seule dans l’autre classe. Muette, je suis restée muette. Cela a été un grand moment de solitude, il faut avouer.

D’accord, en France il y a le breton, le corse, le basque, etc. Mais j’ai déjà dit que je parlais de l’hypothèse d’avoir un état avec des langues co-officielles, tel est le cas de l’Espagne et les Pays Bas ou alors l’hypothèse d’avoir un état  avec plusieurs langues officielles comme le Canada, la Belgique ou la Suisse. Quand j’ai demandé de raisonner et argumenter les réponses, la plupart m’a répondu que “ça doit poser problème pour aller d’un endroit à un autre et pour s’entendre avec les autres gens du pays”, et moi, toute convaincue je leur ai dit que je ne croyais pas que cela pose problème. Parce que je le crois et je le sais. L’existence de plusieurs langues dans un pays ne cause pas de problèmes entre la population ni entre les citoyens, malheureusement il y a les politiciens qui viennent gâcher tout cela. Et c’est l’image qu’il en reste. Hélas, hélas, hélas, hélas…

Je pars toujours du principe qu’une langue est égal à une culture et même à une manière d’être. Parce que parfois on n’exprime pas pareil les choses en fonction de notre langue maternelle. On doit voir un pays plurilingue comme une richesse et non pas comme une entrave.

C’est vrai, chaque pays a une histoire, on y peut rien. Et puis, c’est un sujet large, j’aurais besoin de plusieurs jours pour bien le traiter. Il faudrait définir langue, langue minoritaire, régionale, bilinguisme, politique linguistique, dialecte, etc.

Mais je voulais aujourd’hui partager avec vous tous cette petite anecdote qui m’a laissé sans parole, sans langue ! Et qui me fait encore aujourd’hui bien réfléchir…

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