Vie à l'étranger

Assurer et rassurer

J’aurais voulu vous écrire sur la mer, j’aurais voulu vous écrire sur lui qui est resté, sur eux que j’ai retrouvé. Ou sur la peur aussi. J’aurais voulu vous écrire un joli texte pour vous parler de notre arrivée.

Assurer et rassurer

Mais aujourd’hui, alors que cela fait une semaine que je ne vous ai rien dit, les mots ne viennent plus, prise dans cet élan d’adaptation, dans les devoirs professionnels qui arrivent comme les vagues de la mer auxquelles il faut faire face avec grâce et légèreté. Les nuits sont chaudes, le ciel est bleu, on fête des anniversaires et on sourit mais quelque chose semblerait m’empêcher d’être complètement libre.

Une sorte d’entre-deux qui freine mes mots. Une envie de répondre toujours présent pour lui et pour eux. Deux vies en une. Il me semble avoir déjà écrit sur ça. Il me semble, oui. Alors que je pianote mécaniquement, alors qu’ils sont partis et que la clim tourne à fond, je pense à cette plage dont j’ai envie d’aller mais où je n’ai pas encore mis les pieds parce que j’ai toujours quelque chose d’autre à faire, à accomplir, à accompagner. Alors qu’en France j’aurais déjà fini de prendre mon déjeuner, ici, on n’y songe pas encore. Alors que la France pleure, ici on fait la fête avec les chevaux.

Alors que je veux être ici, je pense au là-bas. Alors qu’ils sont ici, lui il est là-bas.

Assurer et rassurer IMG_8327

Nous sommes arrivées et j’ai senti sa douleur, que j’entendais à demi-voix par téléphone. Et j’ai serré mes dents. Nous avions dormi que très peu d’heures. Il y a elle, aussi, qui tourne et danse et chante et tape des mains et fait des bisous à tous les enfants qu’on croise dans la rue, ou presque. Et lui qui gère le quotidien administratif français. Et les gens qui me disent “ahh ! alors, t’es arrivée en vacances ?”. Mais oui mais non. Etre fille. Unique. Etre maman et épouse à distance. Toujours une distance.

Tout ce tourbillon qui ne me laisse plus mettre des mots dans le bon ordre.

Lâcher prise et perfection.
Assurer et rassurer.

Mais je reviendrais très vite vous raconter la mer et les plages, vous raconter lui et notre amour, vous parler d'eux aussi.

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Vie à l'étranger

Elévation des murs (ma maison en France)

Le jour est enfin arrivé. Après des mois et des mois de démarches, de doutes, d’interrogations, de quelques contretemps aussi, le jour où notre maison sera élevée est arrivé. Rien d’exceptionnel, rien de nouveau, c’est la vie, des projets de notre vie, de votre vie, de la vie. Je suis comme vous tous. Sauf que derrière mon petit cœur, je dois vous dire que cela me fait tout bizarre de me dire que « je fais construire » (comme on dit) en France. La France c’est mon pays qui ne l’est pas ou peut-être oui parce qu’après tant d’années, je ne sais plus.

Le projet maison “à l’étranger”

Et je fais construire, encore une fois, loin de ma famille, de mes êtres chers et de mes copines rencontrées au fil de mes déménagements. Et ça aussi, ça fait bizarre. Surtout que quand j’ai annoncé à quelques amis en Espagne, que nous allions construire, on m’a dit “aah, et bien, ça veut dire que tu ne reviens pas alors…”. Mais moi j’ai répondu que “ça, on ne le sait jamais” et que si j’ai appris une chose après tous ces déménagements c’est qu’il faut vivre le moment présent et qu’on verra bien ce que l’avenir nous prépare. Mais bon, c’est vrai, là au fond du coeur et dans mon petit cerveau, tout plein de choses et de sentiments s’activent… Pour le présent, voilà, je savoure ce projet avec mes amis rencontrés ici.

Allons donc aux faits.

Nous voilà embarqués dans ce projet mûri depuis bien longtemps. Avec nos lassitudes administratives y compris (sinon, ce ne serait pas drôle), nous voyons enfin ces bouts de bois arriver.

A l’heure où je vous écris, j’entends les bip-bip de la première machine qui débarque sur le chantier car, en fait, nous serons nos propres futurs voisins. C’est-à-dire que nous faisons construire juste à côté, pas très loin derrière la maison où nous habitons depuis 4 ans. Le processus a été long.

ma maison ossature boisma maison ossature bois

Souhaiter une maison mais sans être pressés : je suis enfin prête

Arrivée à Nantes (ville) pour rejoindre mon ChériGuiri, j’ai habité l’appartement dont il était propriétaire et qu’il avait entièrement rénové (mon ChériGuiri a des mains en or, des connaissances techniques et plein d’idées d’aménagement). Deux ans plus tard, juste après notre petit mariage, nous avons voulu vendre pour partir en maison et construire une famille. Et c’est là, que ça a commencé à faire « trop » pour moi. Trop de changements en même temps. De déménageuse célibataire de grande ville en grande ville à jeune mariée en province (dans un pays qui n’est pas le mien) dans une maison un peu en campagne. J’ai eu peur. Oui. Peur de m’embarquer dans trop de choses « de grande » (et pourtant j’avais déjà plus de 30 ans). Acheter une maison à rénover ou acheter un terrain et faire construire (oui, parce qu’acheter une maison dans le centre de Nantes on a tout de suite compris que ce n’était pas pour notre portefeuille) et en même temps une grossesse – un bébé ? Non merci, toute seule ici, non merci. Je lui ai dit, je tiens trop à toi, je t’aime, je ne veux pas vivre un stress puissance mille, je ne sais pas les effets que ça pourrait avoir sur moi – sur nous, je ne veux pas mettre en péril quoi que ce soit, soyons réaliste. Nous avons donc décidé de temporiser. Une chose après l’autre. Et nous avons bien fait.

Nous avons vendu l’appartement et nous avons eu la chance de trouver une maison neuve à étrenner qui se mettait en location. Quand nous l’avons visitée, elle n’était même pas finie. Nous avons déposé le dossier, elle a été pour nous ! Je crois que le fait que la maison soit neuve a contribué à ce que l’on se sente plus chez nous. Mais cela m’a surtout permis de « tester » et de voir si j’étais capable de vivre « à la campagne ». Oui, je le suis. Avec mes parenthèses espagnoles dans ma maison de famille (et au soleil). Je suis rapidement tombée enceinte et nous sommes de plus en plus convaincus que nous avons fait le bon choix. Le choix de temporiser, de ne pas tout vouloir faire en même temps. La grossesse s’est avérée difficile, 5 mois sans bouger le temps d’un hiver sur un canapé, seule, est venue aussi nous confirmer tout cela.

Ce n’est que quand Princesse Thelma a eu 1 an et demi que nous avons re-commencé à parler du projet maison.

Aujourd’hui, c’est donc un jour spécial pour nous. Un jour de papillons dans le ventre, de beaucoup de boulot devant nous mais d’une joie immense, aussi.

Au fait, les « bouts de bois » dont j’ai parlé plus haut c’est parce que nous construisons une maison ossature bois

campagne françaisecampagne française

J’ai écrit cet article hier mais il est pour moi un peu intime, un peu trop ma vie. Je l’ai donc lu et relu mille fois jusqu’à ce que je décide de vraiment le publier. Hier, ce fut une journée étrange pour la sentimentale que je suis, scotchée au whatsapp avec ma mère qui sait te coller l’enthousiasme même à distance et voir le sourire tellement immense de mon chéri, c’était juste top ! Par contre, Princesse Thelma, elle, quand le soir nous sommes allés ensemble voir les quatre murs, elle a été déçue, “mais y a pas ma balançoire”…
Voilà, c’est un bout de notre vie que je décide de partager avec vous.
En plus, je sais que des gens qui nous aiment et qui sont loin vont apprécier la version espagnole de cet article.

Alors, Merci. Gracias. Merci mille fois.

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Vie à l'étranger

Maman à l’étranger (en France !), ma première expérience avec une activité au RAM

Nous avions reçu une lettre de la compagnie électrique pour nous annoncer une coupure de 8h30 à 14h30. Je me suis posé la question de quoi faire, où aller. Evidemment, pour travailler j’ai besoin de courant électrique (surtout qu’il fait tellement gris), pouvoir allumer mon ordinateur, me connecter, etc. Bref. Vous savez bien. Je me suis dit d’aller jusqu’au centre-ville de Nantes pour chercher un café-wifi (mais avec toutes ces manifestations et belles choses qui arrivent en centre-ville….). Heureusement, j’ai eu le temps de me faire couler un café, parce que je me lève de bonne heure, nul besoin ici de Miracle Morning (comme dit si bien ChériGuiri, cette histoire c’est pour ceux qui commencent tard au travail, quand on se lève à 6h pour aller bosser, on n’a pas envie d’entendre parler de Miracle Morning). Bref, je m’égare (mais ChériGuiri a raison).

Et c’est là, que j’ai eu la merveilleuse idée ! Et si tu endossais vraiment tes habits de maman (à l’étranger) et tu allais découvrir le Carnaval organisé par le RAM (Réseau d’Assistantes Maternelles) du coin ? J’avais reçu un email d’invitation et notre nounou nous en avait parlé aussi. Voilà.  J’aimerais d’abord vous supplier de ne pas me demander pourquoi ils fêtent Carnaval un 20 mai. Non, je ne sais pas. Pour moi, ils devraient appeler cela “fête déguisée” ou un truc du genre car à ma connaissance le Carnaval a lieu 7 semaines avant Pâques et marque le début de la période du carême. Si quelqu’un sait m’expliquer, n’hésitez pas, c’est une coutume française que personne a su me dévoiler.

Me voilà donc, prête. Prêtissime. Je sens que ça vient, je sens que l’entrée à l’école de Princesse Thelma approche et que je vais encore découvrir tout un tas de trucs de ce pays où j’habite depuis environ 15 ans.

Maman à l’étranger (en France !), ma première expérience avec une activité au RAM

  Etre maman à l’étranger dans un pays qu’on connaît depuis très longtemps, c’est aussi adopter un autre regard sur la société et découvrir tout plein de choses !
Etre maman à l’étranger c’est être enfant une deuxième fois dans une langue différente !

J’arrive à la salle où se déroulait le fameux Carnaval (comme il a plu -bizarre, n’est-ce pas ?- le défilé a été annulé). Ils étaient mignons les petits : une poignée d’indiens par ci, des princesses par là, et un essaim d’abeilles dont Princesse Thelma faisait partie. Elle me l’avait bien dit “maman, je vais voler, je vais voler avec mes ailes”. De la musique et de la brioche. J’ai pris tout plein de photos, je m’étais donné ce rôle car quand on va à un endroit où l’on connait personne sauf sa fille et sa nounou, il faut bien se trouver une mission (sinon, tu as l’air con) : maman photographe !

C’était chouette de voir les enfants contents, d’observer les nounous, les quelques autres mamans qui étaient là (j’ai déduit que, pour la plupart, elles devaient être en congé maternité car elles avaient un bébé dans les bras). Personne ne m’a parlé. Enfin, oui, bien sûr, ma fille et la nounou. Je faisais des sourires et j’ai eu des sourires en retour. J’ai bougé dansé mes jambes au rythme de papaoutai (vous savez quand vous avez 20 ans et que vous allez en soirée sans connaitre grand monde ? ben, c’était un peu ça !). J’imaginais la même activité dans mon pays, je ne sais pas trop comment ça aurait été, je n’ai jamais été maman là-bas mais on essaye d’imaginer : alors, j’ai imaginé plein des mamans qui se parleraient entre elles, tu as vu celui-là, tu as vu l’autre petite-fille, tu as vu cette nounou il paraît qu’elle vient de divorcer, qu’elle s’entend pas avec l’autre, que.. que… que… Mais j’ai souri et ai échangé avec ma la nounou, un peu.

Et ma fille, surtout ma fille était très contente. C’est aussi le bon côté d’être free-lance et de travailler à la maison : la flexibilité d’horaires.

Comme je le disais dans un autre article, pour moi ce système de garde d'enfants avec une assistante maternelle était totalement inconnu il y a encore trois ans et maintenant j'en suis tellement contente ! Tellement que la rentrée à l'école se fera doucement, en effet, nous avons fait le choix d'amener Thelma a l'école que les matins, les après-midi elle continuera avec sa nounou chérie... je vous raconterai ça très prochainement.

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Maman et enfant, avions et aéroports

En 3 ans nous avons du prendre toutes les deux ensemble pas moins d’une quinzaine d’avions, à la louche, je crois que c’est même plus, j’aurai du noter tout cela sur un petit carnet. Autant vous dire qu’on commence à être rodées. Même pas peur vous voyez ?

Il n’est pas tout le temps facile et il n’est pas tout le temps simple mais en bonne îlienne que je suis, les avions font presque partie de ma vie. Oui parce que bon, le bateau c’est chouette mais mettre 8 heures pour regagner les terres, c’est pas le plus pratique, non plus.

Alors nous voilà encore dans un avion, enfin, un et après un autre car les escales et les aéroports, ça, on connaît bien aussi ! Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de nos aventures aéroportuaires et avionnesques (j’invente le terme), vous pouvez retrouver tous les articles par ici et par ici

Maman voyage seule en avion avec un enfant

Bref. Et re-bref. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’un bébé et un enfant en bas âge c’est tout sauf prévisible. Donc une fois se passera mieux qu’une autre, un point c’est tout. En vérité absolue je peux seulement dire une chose, surtout aux mamans de bébés – nourrissons qui craignent de prendre l’avion : en réalité, voyager avec un tout petit bébé est bien plus facile que voyager avec un enfant de 12, 18, 20, 24 mois… un bébé ne bouge pas trop, reste calme dans vos bras, si vous êtes sereine, il le sera aussi et il n’y a aucune crainte à avoir quant aux oreilles. Il suffit de lui donner quelque chose pour stimuler leur mouvement de succion (tétine ou biberon).

Porte-bébé, poussette canne et à pied

Nous avons tout fait : voyagé en porte-bébé et en poussette canne. Les deux méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Et depuis ses 2 ans (environ) c’est à pied qu’on fait tout car ainsi j’évite les fastidieux pliages-dépliages, mettre-enlever qui ne sont pas évidents non plus quand on est seule et qu’il faut en même temps tenir-surveiller l’enfant. Il faut savoir, c’est au moins mon humble avis, que ce n’est pas le vol qui est difficile (quand il s’agit de vols courts, bien sûr) mais plutôt les longues escales, les longues attentes à l’aéroport. C’est là qu’il faut faire preuve de beaucoup beaucoup beaucoup de patience ! Dans l’avion le plus difficile pour moi c’est juste de leur faire comprendre, quand ils ont déjà un siège pour eux (à partir de 2 ans), que là IL FAUT rester assis et là encore AUSSI, vous aurez compris, le décollage et l’atterrissage.

Il faut en rire

J’ai tout fait : pipi avec un porte-bébé ce qui signifie (peut-être parce que je ne suis pas très grande) devoir surelever votre porte-bébé pour accéder à votre vêtement, pipi avec un enfant dans un chariot et donc une porte de toilette qui ne ferme pas, surveiller bébé + deux grandes valises, plus les manteaux, plus sacs à main car désormais et pour des questions de sécurité (c’est ce qu’on ma dit, par exemple, à l’aéroport de Palma de Mallorca) il n’y a plus de consignes. Enfin, voilà, vous pouvez rire ! Voyager seule avec un bébé / enfant en bas âge est rigolo, épuisant, drôle, surréaliste… Ah oui ! Dans l’avion, si vous avez la chance d’avoir un petit qui aime faire le couloir, et bien vous finirez par avoir le sourire de tous les passagers (même si vous n’auriez qu’une seule envie : dormir, vous cacher, arriver à destination, passer le bébé aux bras de quelqu’un d’autre !)

Maman voyage seule en avion avec son enfant AVION1

LE SAVIEZ-VOUS ?

Saviez-vous que a v i o n est l’acronyme de appareil volant imitant un oiseau naturel ? Bon, en vérité avion vient du latin avis qui signifie oiseau (voilà, en catalan c’est au et en espagnol ave, plus proche donc du latin, le français est la langue la plus évoluée, je m’égare je m’égare, c’est mon côté linguiste qui ressort !). Mais ce retro-acronyme je l’aime bien (le vintage est à la mode, n’est-ce pas ?). En fait, j’ai découvert cela lors de mon mémoire de fin de Master en Recherche Terminologique où j’ai passé deux ans à faire des recherches passionnantes sur l’aéronautique et les moteurs à combustion. Ma vie est passionnante, n’est-ce pas ? Et bien, depuis toutes ces recherches terminologiques qui m’ont amenée à visiter les hangars et les experts de Iberia et de Rolls Royce et que j’ai vu in vivo et en directo les pièces démontées des avions, je me suis dit, punaise, ce sont des morceaux de carcasse tout cela, un pet et poumm, tous dans les airs (ah, oui, sûr, ça c’est sûr !). Donc, l’îlienne que je suis a commencé à avoir beaucoup plus de respect pour les avions ! (qui a dit peur ? !)

Voilà, voilà, dans quelques heures, j'espère arriver à mon aéroport de destination et souffler, me dégonfler et, au passage, constater que j'ai mal partout, les bras, l'épaule, le dos et pis, on remettra ça à dans quinze jours ! N'hésitez pas à partager vos expériences, je suis sûre qu'on peut encore rigoler davantage !

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Vie à l'étranger

Experte déménageuse : de l’île à la campagne en passant par les grandes villes européennes – le pourquoi du comment

Un jour, très lointain déjà, j’ai écrit un article intitulé Vivre en ville v/s Vivre en campagne, c’était en 2011, cela faisait une petite année que j’habitais à Nantes et je finissais en disant que je ne savais toujours pas si je préférais ma vie citadine ou ma vie de campagne. Non mais, je sais je sais, Nantes n’est pas la campagne, ce n’est pas ce que j’ai dit, soyons clairs !

Cet article de 2011 a été écrit quelques mois avant qu’on se décide à quitter Nantes pour la périphérie. Et ici, en province, ça va très vite : dès qu’on s’éloigne de 10 kilomètres de la ville, c’est déjà la campagne, au moins c’est mon impression ! Donc, aujourd’hui, j’habite à la campagne, oui.

Je vous explique tout cela.

Vivre en ville et vivre en campagne

La géographie, l’urbanisme et le cheminement

Comme vous le savez, je suis née et ai grandi à Minorque, une île qui compte 8 villes plus tout un tas de stations balnéaires (désertes en hiver) et un total d’environ 90 000 habitants. Ma ville, Ferreries en a 4 600. C’est une petite ville, il ne s’agit pas d’un village. En espagnol on dit « pueblo » et c’est parfois difficile à traduire. Si vous cherchez « pueblo » dans un dictionnaire bilingue, vous trouverez « village » mais si vous cherchez « village » dans un dictionnaire français, vous trouverez quelque chose du genre « petite agglomération rurale » alors que beaucoup de « pueblos » espagnols n’ont rien de ruraux. Un « village » c’est plutôt un « hameau ».

Pour mieux comprendre, je vous propose une petite comparaison entre ma commune en France (5 435 habitants d’après Wikipedia) et Ferreries, ma commune, mon « pueblo » en Espagne (4 600 habitants d’après Wikipedia) :

MA VILLE EN FRANCE MA VILLE EN ESPAGNE
0 banques – 0 distributeurs 4 banques et autant de distributeurs
1 tabac-presse 2 librairies-papeteries + 1 tabac
1 PMU                    –
1 bar – 2 restaurants 15 bars-cafétérias-restaurants
3 salons de coiffure 6 salons de coiffure
1’5 boulangerie (il y en a 1 qui est presque jamais ouverte) 5 boulangeries
1 agence La Poste 1 agence de La Poste
1 Bibliothèque (ouverte les mercredi après-midi et les samedi matin) 1 Bibliothèque (ouverte tous les jours)
3 écoles primaires 2 écoles-collège et 1 lycée
1 supermarché 3 supermarché

Voilà où j’ai grandi et où nous passons tous nos étés et voilà où j’habite maintenant. Cela va sans dire que dans mon « pueblo » espagnol, je ne prends jamais la voiture et ici, rien que pour prendre ma baguette il me la faut. C’est une question d’aménagement et d’urbanisme. J’ai toujours été à l’école à pied, c’est une autre histoire pour PrincesseThelma. Ceci explique aussi pourquoi je n’aime pas conduire.

Cette question d’urbanisme et d’aménagement du territoire, revient souvent dans les discussions entre ChériGuiri et moi. Quand j’entends parler aux informations de l’isolement des personnes âgés ou même des jeunes mamans qui viennent d’accoucher et rentrent à la maison, je ne peux pas m’empêcher de dire : tu vois, tu vois ! Ici, en campagne, les gens sont seuls, ils vieillissent et sont seuls, on se casse le pied et on fait quoi, même nous, pas encore 40 ans ? Rien, on bouge pas du canapé !

De l’île aux grandes villes européennes

Bon, Minorque est très chouette et tout ce que vous voulez mais elle n’est pas non plus le paradis absolu (si vous savez où il se trouve, dites-le-moi !), alors, il fallait que je quitte l’île pour faire des études supérieures car, à l’époque, il n’y avait pas d’Université.

J’ai donc quitté la petite Minorque pour

 la cosmopolite et moderne ville de Barcelone : 4 ans de ma vie
 la chouette et ensoleillée ville de Montpellier : 1 an de ma vie
 la pluvieuse et grise mais enrichissante ville de Lorient : 1 an de ma vie
 la grandiose et seigneuriale ville de Madrid : 2 ans de ma vie
 l’européenne et belle ville de Bruxelles : 3 ans de ma vie
 la prisée et trépignante ville de Paris : 2 ans de ma vie
 la chouette et agréable ville de Nantes : 2 ans de ma vie

Je peux alors dire que j’ai habité dans 4 grandes villes européennes : Barcelone, Madrid, Bruxelles et Paris. Et cette vie dans les grandes villes a été très enrichissante aussi bien au niveau professionnel que personnel. Chaque ville a ses attraits, ses points forts et ses faiblesses. Il faut à chaque fois s’adapter à de nouvelles habitudes, manières de faire, horaires, types de transports, etc. Dans ces grandes villes, j’ai beaucoup rigolé, j’ai aussi pleuré. J’ai été amoureuse et j’ai aussi eu le mal du pays. Dans ces grandes villes, j’étais cette jeune assoiffée du monde qui allait tout le temps vers les autres, avec une envie permanente de partage et de découvertes. Dans ces grandes villes, j’ai toujours habité dans des appartements de tout type : grande tour avec mixité sociale, appartements de style ancien et hausmannien, avec des concierges ou pas, avec ascenseur ou pas.

C’est l’arrivée à Paris qui a tout changé pour moi. J’approchais la trentaine et j’ai réalisé que j’avais envie de me poser. Que je m’étais bien amusé et que j’avais connu beaucoup de monde, que j’avais plein d’amis éparpillés désormais dans les quatre coins du monde mais que là, tout de suite, à côté de moi, il y avait qui ? Personne. Encore de nouvelles personnes que j’apprivoisais petit à petit. Encore m’inscrire à des activités (barre-au-sol, badminton, etc.) pour être moins seule, parce qu’au fond, c’est cela. Si je pensais à mes amis d’enfance de Minorque et bien, ils étaient déjà tous mariés avec maison chien et enfant, enfin, ou presque. Et moi, rien. Une énorme richesse en expériences, une grande tolérance des autres, une grande expertise de la colocation (de là, la tolérance, sans doute !) mais pas de petit-ami stable… rien, nada. J’ai donc décidé de profiter à fond de mon joli appartement haussmannien dans le 12ème et de rester avec moi-même. Je ne m’imposais plus aucune sortie, je faisais vraiment comme j’en avais envie, fini les soirées “parce-quil-le-faut”, les sorties “oui-viens-ce-sera-sympa”. J’avais la maturité de mes presque 30 ans et paf, c’est là que j’ai rencontré l’amour, le vrai, le seul : celui qui ne fait pas verser des larmes mais qui fait sourire comme une idiote. (Pour la petite anecdote, c’est à Minorque que j’ai rencontré mon Français, c’est pas beau ?)

Vivre en ville et vivre en campagneVivre en ville et vivre en campagne

De Paris à la province

Cet amour, breton pure souche, a fait beaucoup d’allers-retours Nantes-Paris mais dès le premier jour il m’a fait savoir que Paris, non, ce n’était pas pour lui. Me voilà, donc, quelques mois plus tard, à remplacer Paris par Nantes (mes parents étaient déjà en train de se dire “mais elle va jamais arrêter de bouger ou quoi ?”). Il faut dire qu’à l’heure du déménagement, ChériGuiri était épaté de voir le si peu de choses que j’avais en ma possession (forcément, quand je vois passer tous ces articles sur le livre de Marie Kondo et le rangement-tri et bien je pense avoir la solution : déménagez tous les deux ans et vous verrez comme vous n’accumulez pas grand-chose !). Nous avons passé nos deux premiers ans dans un joli et coquet appartement propriété de mon bricoleur de ChériGuiri qui l’avait joliment retapé. On y était bien dedans. A deux pas des commerces et du centre-ville. Et puis, on a décidé qu’on voudrait agrandir la famille et la question de la maison s’est imposé.

Et là, grand ouffff pour moi : partir plus loin pour avoir une maison ? Car, soyons clairs, acheter une maison en centre-ville de Nantes était un peu trop cher pour nous (et puis d’ailleurs, à Nantes les maisons se font racheter par des promoteurs qui les rasent pour construire à la place des immeubles). Au fond, ChériGuiri ayant grandi en maison, il avait hâte de retrouver ce type de vie et de ne plus avoir de problèmes de stationnement. Mais pour la petite Marguerite ce n’était pas pareil. Non, non, non. Ce fut une décision non pas compliquée mais qui me faisait peur, trèèès peur. Alors, on a trouvé l’entente en se disant qu’on prendrait une location, histoire que je puisse avoir le temps de voir si cela me plaisait ou pas. Dans ma tête, une location était moins engageant qu’un achat. On a vendu pour partir en location en campagne. Nord-Loire s’il-vous-plait (seuls les Nantais comprendront cette histoire de Nord-Loire et Sud-Loire, une histoire d’embouteillages et de je ne sais quoi, c’est ChériGuiri qui a décidé, je me suis laissé emporter, l’étrangère que je suis n’avais pas de préjugés…). Alors, me voilà à Grandchamp-des-Fontaines depuis bientôt 4 ans.

Vivre en ville et vivre en campagne

De la ville de province à la campagne

C’est une chouette petite ville dortoir. Un petit (tout petit) bourg et tout plein de maisons éparpillées partout. Voilà. En hiver, on voit rarement des gens. Il pleut, les gens ne vont pas dans les jardins. Nous sommes arrivés pile au moment de la fête du “village” (voilà, le “hameau”), nous avons été invités, ce qui nous a permis de faire connaissance avec nos voisins. Les propriétaires de notre maison sont aussi nos voisins. Sympas. Ex-parisiens aussi (aaah, je me suis retrouvé un point en commun avec !). Leur fille de 20 ans fait parfois la baby-sitter de PrincesseThelma. Certes, en arrivant ici, ma vie a complètement changé, d’autant plus que, à peine 12 mois plus tard je devenais maman. D’autant plus que c’est ici que j’ai décidé de devenir free-lance. Vivre en campagne m’a apporté de la sérénité, j’ai des moments pour me retrouver avec moi-même (très important pour moi). On sort moins, du fait d’être jeunes parents aussi mais on se fait de très chouettes petites soirées en duo avec ChériGuiri. Je suis quelqu’un qui m’adapte assez facilement à tout. Je râle parfois, oui, quand je dis qu’il n’y a pas de trottoirs ni de lampadaires à l’extérieur (c’est une vérité !) mais finalement, je l’aime cette vie en campagne. Surtout, parce que je sais que tous les trois mois environ, je pars à Minorque et j’ai ma dose de ville : boutiques, bars, gens dans la rue, aller à pied, etc. Deux styles de vie complètement à l’opposé. Et j’apprécie avoir cette double-vie et prendre le meilleur de chacune. Une chose est sûre aussi, en 12 minutes en voiture je suis à Nantes, parce que nous sommes du bon côté de la ville, plus loin, je ne pourrais pas y aller. ChériGuiri le sait, il l’a très bien compris.

Et nous n’irons pas plus loin : aujourd’hui se pose la première pierre de notre future maison, ici, sur un terrain juste derrière notre location ! (et ça me fait quelque chose dans mon ventre, des papillons s’y installent!)

Dans chaque ville je me suis réinventée ! Chaque ville m’a re-découverte, m’a formée et façonnée. La campagne m’a redonné mon vrai moi-même, enfin, c’est ce que je pense. Et vous, quelles sont vos expériences ? Vous êtes plutôt ville ou plutôt campagne ?

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