Minorque

En Espagne, de la pénitence à la plage

Alors que cette semaine que j’annonçais remplie de jolis moments s’achève, que ces jolis moments ont été bien présents, qu’il nous reste encore deux jours pour profiter de ce mode “en cours de préparation” qui nous rend tous et toutes tellement contents, alors que c’est le chassé-croisé pour beaucoup d’entre nous… et bien, nous, ici, nous commençons à rêver de notre séjour en Espagne.

Cette Espagne qui, malheureusement, a tellement changé. Cette Espagne qui sombre un peu dans la misère. Cette Espagne qui semblerait revenir en arrière à la place d’avancer en avant (oui, c’est incorrect et redondant -grammaticalement- de dire ça mais regardez comme ce pays voisin avance en arrière). Cette Espagne que j’ai du mal à reconnaitre. Ce pays que j’aime autant, ce pays qui est le mien, population qui passe une particulière Semana Santa, pénitence qui servirait-elle à quelque chose ? L’Espagne du soleil, ce soleil qui, j’en suis sûre, contribue à faire garder le sourire des gens qui ont du mal à arriver à la fin du mois. Parce que le soleil, astre roi, croyez-moi, c’est lui qui leur donne toutes les vitamines, force et énergie pour ne pas sombrer dans le plus grand des désespoirs. Sous le soleil on oublie tous les malheurs.

Quand nous arriverons, la pénitence sera loin derrière eux, plus de processions, plus de pasos (auteuls portés à dos d’homme) ni passions convertis actuellement, peut-être, en simple symbole du folklore que même Antonio Banderas vient honorer. Quand nous arriverons, los capirotes (cagoules) seront déjà rangés.

Et à la place, les plages commenceront à s’habiller en été. Premières baignades pour les autochtones qui veulent profiter des lieux encore à moitié désertiques.

L’été arrive, la crise sera plus facile à supporter.

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Inspiration

Enfant footballeur, enfant esclave

Sacré Manuel Guisande qui dit que…

Ils ont beau me dire qu’ils vivent dans des infrastructures parfaites et que tout est conçu pour eux… rien que pour eux. Ils ont aussi beau me dire qu’ils étudient, qu’ils vont à l’école et qu’ils sont bien entourés. Ils ont beau me dire qu’ils sont heureux.

J’ai du mal à le croire. Parce que tous ces enfants qui vivent dans des résidences de grandes équipes de football, qui ont entre 11 et 14 ans… tous ces enfants sont, pour moi, les nouveaux esclaves du XXIe siècle.

Ce nouveau modèle (amélioré) d’esclavage montre seulement le bon côté de l’affaire et non pas le mauvais. C’est à peu près la même chose qu’autrefois mais assaisonné de marketing publicitaire: un nouveau confetti de couleurs qui cache très bien la réalité. Cette sorte de tyrannie sur les enfants commence quand des chasseurs de talents parcourent la planète entière et/ou reçoivent une alerte comme quoi il y aurait, quelque part, une bonne “proie” à chasser.

C’est alors qu’habitués à l’ancestrale méthode de chasse, ils vont suivre, pas à pas, un rituel sans faille. Ces prédateurs d’âmes arrivent sur le lieu des faits pour examiner et analyser. Si la proie a un joli potentiel, ils vont aller à la rencontre de sa famille pour leur raconter des belles et merveilleuses histoires. Ensuite, ils repartiront avec un contrat emballé dans un joli papier cadeau en leur disant que cela va leur arranger la vie.

Loin des parents, seulement connectés à eux par téléphone et par des rares visites, ces enfants vivent enfermés dans des établissements dits “de haut niveau sportif”. C’est là-bas qu’ils grandiront avec le rêve d’arriver, un jour, au devant de l’équipe de première division et de devenir des stars.

Tout cela a l’air génial, merveilleux, idéal, fantastique. Les grandes équipes vont se vanter, quelques années plus tard, du fait que c’est eux qui ont formé tel ou tel footballeur, celui qui a gagné je ne sais pas combien de ballons d’or. Mais jamais ils vont nous parler de ces autres enfants qui n’ont pas connu le succès, ceux à qui ils ont du dire “tu n’es pas fait pour ça”, ou ceux encore qu’ils ont du “rendre” à leurs familles tel des poupons qu’on rend au magasin.

Il est probable, alors, que ces enfants restent marqués à vie par leur échec. Qui sait si ce problème va les tourmenter toute leur vie. Parce que ce n’est pas pareil une grande déception à 34 ans qu’à 14, mais ça, ça n’intéresse personne. D’eux, de ces centaines d’enfants -des mômes pas plus grands qu’un mouchoir de poche- personne va en parler. Ils tomberont dans l’oubli et dans le silence. Ils resteront seuls avec leurs cœurs brisés et leurs rêves détruits. La seule chose qu’ils auront gagné c’est d’avoir grandi loin de la famille.

C’est peut-être la raison pour laquelle il y a beaucoup de sportifs de haut niveau (des enfants après tout) qui ne sourient jamais, comme jamais on a vu sourire un esclave.

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Inspiration

Dar palabras al amor

Se lo habían preguntado muchas veces pero nunca supo qué ni cómo contestar. Le daba vueltas día tras día y noche tras noche. Pero ese día en que por enésima vez, hace ya algunos meses de ello, la solicitaron para lo mismo supo que debía dar un sí por respuesta.Y lo dio. Pero las ideas no cuajaban.

Hasta que luego, en ese día primaveral con el cielo amaneciendo azul pareció todo más claro. Se puso detrás de su ordenador, alcanzó el cuadernito vintage que le acompañaba a todas partes y en el que iba escribiendo pequeñas frases, ideas, palabras, trozos de su vida… ese cuaderno que servía para anotar todo.

Quiso primero ordenar el texto. Mentalmente. Pero no supo. Se acordó entonces de por qué nunca sabía qué responder a esa pregunta. Esta vez tenía que hacerlo. Decidió dar rienda suelta a sus pensamientos, daba igual si el papel carecía de un orden lógico. Sabía que su amiga lo entendería.

Y por eso le dijo:

No me acuerdo ya del instante en que te vi por primera vez. Pero sí sé dónde, cómo y por qué. Pasaron los días y decidimos, después de un intercambio natural de números de teléfono, llamarnos y quedar con el fin de intercambiar primeras impresiones.  Confieso que también quedamos para animar un poco nuestros días tediosos que casi pasaban desapercibidos bajo aquella lluvia constante. Invitamos también a A. Y así pasamos nuestros fines de semana, momentos a tres que salpimentaban nuestro día a día. Nos reímos mucho. Pero también lloramos. Pasamos frío y alrededor de muchos “chocolats chauds”, en un bar frente al océano embravecido nos contamos nuestras vidas. Amores y desamores. Ilusiones del futuro, un porvenir cercano y lejano. Ahí, en L. a medio camino entre el final de una adolescencia y el principio de una vida de adultos. Llorábamos a causa del frío, de los desamores, de esa nostalgia y añoranza que nadie más podía compartir con nosotras. Todo tan fácil y a la vez tan aséptico.

Y así fue como, entre olas feroces, hortensias y casas de piedra, nuestra estancia llegó a su fin. Nos teníamos que ir. Y nos marchamos. M. se fue al sur a buscar el calor familiar, A. también volvió a sus raíces como saltando de punta a punta y sin miedo a la lluvia, por lo que a mi se refiere, me decanté por un a-medio-camino, algo desconocido pero más cercano.

Y desde entonces, años después, mucho tiempo ha pasado pero tu sigues ahí. Nos hemos visto menos de lo que imaginamos. Y aquí me tienes, intentando decirte algo sin saber muy bien el qué. Si sé el qué pero no el cómo. Tantas palabras vividas, tantas palabras escuchadas. Y me alegra tanto que ahora inicies esa anhelada vida a dos que solo puedo desearte lo mejor. A ti, M., que siempre has llegado al final de esas cuestas a veces tan odiosas, que te has reído también tanto, que tanto has abrazado. Solo puedo desearte lo mejor y mandarte, desde esa tierra que nos dio la amistad, la mejor de mis enhorabuenas y decirte que ese porvenir tan esperado ya está aquí.

—–

Releyó el texto, rápidamente sobrevoló líneas y palabras. Siempre le quedaba una extraña sensación después de escribir ciertas cosas. Escribir la vida es difícil, tan difícil que, en ocasiones, es mejor no entreternerse largo tiempo en esas palabras que despiertan nuestra memoria.

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