Traduction

Traduction de tankas de Nicolas Grenier

J’ai eu récemment le plaisir de traduire quelques tankas

Mais qu’est-ce que c’est ? Pour faire bref, le tanka est une forme de poésie japonaise et pour faire long il faut dire que le tanka est un poème court de 31 syllabes sur cinq lignes et  construit en deux parties, la seconde venant conforter la première. Il s’agit de poèmes d’une apparente simplicité.

Comme je disais, j’ai eu donc la satisfaction d’être contactée par Nicolas Grenier, un des poètes de tankas en langue française les plus connus qui avait envie de faire traduire quelques-uns de ses tankas à l’espagnol et au catalan publiés en 2011 dans le recueil Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après, 2011, avec préface de Jean Orizet. On peut en quelque sorte dire qu’il s’agit d’une poésie pure, précieuse, au détail, minimaliste…

J’aime bien la poésie, et en tant que traductrice recevoir une commande de ce type est un honneur en même temps qu’un grand défi. J’adore jouer avec les mots, la poésie est un beau jeu qui m’offre plein de possibilités qui s’avèrent toujours limités par les contours de la grammaire, des sens et des non-sens, du mot exacte qui ne va pas.

Pour moi traduire de la poésie est un peu comme danser dans un espace réduit.

Voici quelques extraits donc de ces tankas traduits par mes soins :

[français]

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Loin de l’herbe folle
Au crépuscule doré
Sur la chaussée brute
Entre les automobiles
Mon scooter bleu se faufile

Au fond de la cour
Ô vasistas entrouvert
Il n’y a plus d’heure
Le chat gris sur la gouttière
Dort matin midi et soir

[catalan]

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Lluny de l’herba salvatge
Al crepucle daurat
Sobre la basta calçada
Entre els automòbils
El meu escúter blau s’esquitlla

Al fons del pati
Oh! Espiera entreoberta
El temps ja no compta
El gat gris sobre la canal
Dorm matí migdia i vespre

[espagnol]

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Lejos de la hierba salvaje
En el crepúsculo dorado
Sobre la tosca calzada
Entre los automóviles
Mi  scooter azul se desliza

 Al fondo en el patio
¡Oh! Mirilla entreabierta
El tiempo ya no cuenta
El gato gris sobre el canalón
Duerme mañana tarde y noche

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Traduction

Cet interprète méconnu

Aujourd’hui j’ai une pensée spéciale pour l’interprète de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière. Les ôtages eux-même ont voulu parler du rôle capital que ce monsieur, inconnu de nous tous, a eu pendant ces longs jours de captivité.

La presse et les mass media en général parlent de Mohammed Reza Din comme le traducteur, cependant je tiens à signaler qu’il devait plutôt être un interprète puisqu’à l’oral c’est de l’interprétation qu’on fait. Bref.

Je pense donc à ce monsieur sans qui, et j’en suis presque convaincue, la vie des deux journalistes français aurait été doublement pénible et dure. Encore une fois l’importance de la communication et de la médiation culturelle. L’importance de cette parole lourde en sentiments et intense en messages. Ce n’est pour rien que de nos jours on parle moins de traduction/interprétation et plus de médiation interculturelle.

C’est avec des moments comme celui-la qu’on se rend compte qu’on ne peut pas vivre sans comprendre, qu’on ne vit pas non plus sans savoir vraiment communiquer. Nous avons tous besoin d’outils linguistiques pour nous exprimer et pour arriver à canaliser nos émotions et nos sentiments, et ô combien Taponier et Ghesquière ont du en avoir besoin.

Il y a des gens qui ne sont pas conscients de l’importance de la langue étrangère, de se faire comprendre et de se faire entendre même quand parfois les mots ne coulent pas de soi et il faut aller les chercher bien loin dans le cerveau ou carrément se servir d’un interprète.

Hommage à eux aujourd’hui et hommage à cette médiation interculturelle de plus en plus importante de nos jours…

Je les salue donc de par cette image qui montre la couleur et la force des mots, la composition multiculturelle de nos langues qui font de nous des hommes et des femmes différents mais avec un même désir de liberté !

 

Bureau69

 

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Freelance

Le télétravail : pour ou contre ?

Est-ce que le télétravail est une bonne idée ? Combien d’entre vous n’a-t-il pas rêvé de rester à la maison pour travailler ? Les habitudes et coutumes des travailleurs changent, le modèle social inévolue, le regard que les gens portent sur la consommation change, le temps de crise et de révoltes porte à réflexion… Bref, une bonne somme d’ingrédients qui fait que les employés soient de plus en plus mécontents de leurs postes de travail, des kilomètres à faire tous les jours, des relations difficiles avec les collègues ou les patrons, et surtout, surtout, cette envie de pouvoir concilier vie de travail et vie de famille.

Cela fait longtemps que nous entendons parler de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, que ce soit par les directives qui émanent de l’Union européenne ou bien par notre politique nationale, tout est fait, en principe, pour favoriser cette conciliation. Mais il faut bien souligner ce “en principe”. Parce que comme très souvent, la réalité est bien loin de la théorie. Quel dommage.

Il y a bien évidemment des avantages et des inconvénients. Chaque situation est différente. Nos ambitions, notre manière d’être sont des éléments plus subjectifs qui ont aussi leur mot à dire. Mais de manière générale on pourrait dresser la listes des pour et des contre :

Pour :

– Souplesse
– Créer et avoir son propre espace
– Réduction des retards
– Plus de motivation
– Meilleure gestion des activités
– Plus de temps pour la famille
– On se sent mieux donc on travaille mieux

Contre :

– Pour les gens qui ont du mal à s’auto-gérer
– Isolement
– Difficulté à expliquer aux gens que tu es en télétravail
– Discipline

Bien évidemment il faut tenir compte du fait que ce ne sont pas tous les métiers qui peuvent passer en télétravail mais il y en a de plus en plus. Dans les pays du nord, toujours un peu en avance (il paraît) le télétravail est quelque chose de courant et bien vu par la société, ici ce n’est pas le cas ou pas tout à fait. Certains employeurs acceptent, certains d’autres refusent catégoriquement. L’éloignement employé-employeur peut faire peur. Le deuxième se sent coupé du premier, quoique par mail, fax, vidéoconférence, téléphone…on a de quoi être bien connecté !

Dans certains secteurs de travail commence à devenir monnaie courante que le département de Ressources Humaines écrive noir sur blanc qu’ils n’acceptent pas de CV de postulants qui cherchent du télétravail. Mais moi je crois que ça va arriver… il y aura de plus en plus de salariés en télétravail.

Qu’en pensez-vous ?

Inspiration

Un blog ce n’est pas pour lire

Un blog ce n’est pas pour lire ? Quoi ? Comment ? Elle est folle celle-là, mais qu’est-ce qu’elle vient nous expliquer maintenant sur Marguerite effleure les mots !!! Si ce n’est pas pour lire, ben voyons, c’est pour quoi faire alors ?

Ben et quoi, moi ça me donne pas si envie que ça de rigoler… Je vais le dire autrement : les billets plus littéraires ne sont pas vendeurs, voilà pourquoi un blog ce n’est pas un lieu de lecture. Quand nous, blogueuses filles, nous postons des articles qui parlent création littéraire nous avons moins de visites que quand nous, blogueuses filles, nous écrivons sur la dernière jupe à la mode et le dernier vernis à ongles que Chanel vient de lancer. Et oui, c’est comme ça. Et nous, blogueuses filles, nous sommes les mêmes.

Heureusement qu’un blog c’est quelque chose qui nous appartient exclusivement et où on y écrit ce que l’on veut, en fonction de nos humeurs, de l’imagination du jour, de l’actualité ou du temps que nous avons pour nous y consacrer. Ici sur ce blog je n’ai pas de sujet unique, je n’ai pas choisi d’en faire un endroit où je ne vais écrire que sur un seul thème, il n’y a pas pas vraiment de fil conducteur si ce n’est que très souvent j’y parle de sujets qui touchent aux langues. Car c’est aussi mon métier et que j’adore cela.

Malheureusement un blog quand on y publie des récits fictifs et littéraires et de création propre voit ses visites descendre un peu. Cela équivaut à dire que la littérature et les langues ne sont pas le futur du monde. Ce n’est pas nouveau, je ne viens pas ici vous ouvrir les yeux, il y en a plein qui en sont conscients. Et à ce sujet j’ai lu récemment sur le blog d’une jeune fille étudiante en lettres quelques questionnements sur l’avenir de sa carrière professionnelle. Il ne faut pas avoir peur mais il faut tout de même être réaliste et savoir, donc, que ce n’est pas par le biais des lettres qu’on trouvera un métier rémunérateur, à moins d’être Vargas Llosa en personne 🙂

Quelle chance alors de pouvoir choisir le sujet de nos articles au gré de nos aventures, nos expériences et nos envies du jour. Quelle chance aussi de compter avec des lecteurs et lectrices avides de lire un peu de tout, eux aussi, en fonction du temps qui passe.

Je vous invite également aujourd’hui à visiter ma dernière rubrique de mon Bookpress, ici sur la colonne de droite, où je parle encore un peu plus sur le pourquoi de ce blog. C’est un interview fait par un site qui présente l’actualité des régions et des activités à proximité de chez vous. Vous pouvez sinon, pour les fainéants cliquer directement ici pour voir tout ça…

Et vu qu’aujourd’hui je suis venue vous parler un peu de l’importance de la littérature et du très peu d’intérêt que l’écriture suscite (par malchance) je vais donc essayer de compenser un peu et je vais vous laisser avec une liste de prix littéraires auxquels on peut participer.

Mais avant de partir je vous promets que les prochains jours je tenterai de revenir avec des sujets plus légers ! Promis, juré, craché !

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Langues

Traduire, un film de Nurith Aviv

Dans le monde de la traduction on parle cette semaine de la sortie en salle du film “Traduire”, un documentaire auquel il est difficile de lui mettre un étiquette, on pourrait peut-être dire qu’il s’agit d’une histoire poético-politico-littéraire racontée par des traducteurs eux-mêmes. La scénariste, Nurith Aviv, continue ainsi avec sa trilogie qu’elle avait commencé avec “D’une langue à l’autre” et “Langue sacrée, langue parlée.” Le fil conducteur de ces trois films est l’hébreu. Les traducteurs parlent donc de leur expérience de passeurs de la littérature hébraïque écrite à travers les siècles et ils le font avec beaucoup de passion.

C’est un tour du monde des traducteurs de l’hébreu, on y trouve les noms suivants :

– Sandrick Le Maguer, traducteur en français
– Angel Sáenz-Badillos, traducteur en espagnol
– Yitshok Niborski, traducteur en yiddish
– Anna Linda Callow, traductrice en italien
– Sivan Beskin, traductrice en russe
– Manuel Forcano, traducteur en catalan
– Chana Bloch, traductrice en anglais
– Anne Birkenhauer, traductrice en allemand
– Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice en français
– Ala Hlehel,  traducteur en arab

C’est magnifique de voir que ce formidable métier est traitée dans un film-documentaire. Le passage d’une culture à une autre est plus vif que jamais dans ces images. On se rend compte que autrui existe car c’est à travers la découverte d’une autre langue qu’on réalise l’existence même de l’homme, des hommes. Parfois traduire demande de se positionner en tant que guerrier face à sa propre langue maternelle, ce n’est pas facile de tout faire “passer”, ainsi donc où en est de tous ces traducteurs automatiques ? (ehem, je vais bientôt vous livrer un billet sur ce sujet..)

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Je vous laisse avec ces quelques lignes, synopse du film-documentaire que vous pouvez trouver sur ce site

“C’est une littérature dans laquelle coexistent souvent différentes strates. Dans l’hébreu moderne, l’entrelacement de toutes ces couches donne souvent lieu à des effets d’humour et d’ironie, mais ne facilite pas la tâche du traducteur.
Anna Linda, traductrice en italien du S.Y Agnon (prix Nobel de littérature) parle même de la « cruauté » de l’auteur qui n’indique pas les sources de ses nombreuses citations. L’hébreu d’Agnon l’a amenée à ce qu’elle appelle l’« agnon-isation » de la langue italienne. Ala Hlehel, traducteur en arabe d’une pièce de théâtre d’Hanoch Levin, dit: « Je devais renoncer aux lois de ma langue… ». Pour Chana Bloch, traductrice en anglais de la poétesse Dahlia Ravikovitch, il s’agit  de « forcer les limites de ce qui est confortable, voire tolérable, en anglais ».
C’est un film avec thème et variation où à partir d’une même langue, des interprétations en voix et en langues différentes se font entendre.

Pour Edouard Glissant, “chaque traduction aujourd’hui accompagne le réseau de toutes les traductions possibles, de toute langue en toute langue”.”

Hélas, ce film-documentaire passe dans très très peu de langues (par “très peu” comprendre qu’une salle à Paris et une salle à Bruxelles) mais la réalisatrice a déjà annoncé que dans deux mois un coffret avec la trilogie sera en vente… nous n’avons plus qu’à attendre ! 

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